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La boîte à fourbi

La raison d'écrire

3 Janvier 2014 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Comme beaucoup de sujets abordés ici, celui-ci me trotte dans la tête depuis un moment, mais il me manquait l'inspiration ou le temps ou la motivation toute simple.
Pourquoi écrire? Pourquoi faire un blog?

Ma compagne m'a dit la dernière fois "pourquoi est-ce que tu continues à écrire, même tes tutos?". C'est vrai, il suffit de chercher sur Google pour trouver n'importe quel tutoriel que j'ai moi-même fait, sans doute en mieux.
Pourquoi, dès lors, poursuivre la duplication d'information?
La question se pose aussi pour mes reviews de films : moi le premier, je n'en ai pas grand-chose à faire de l'avis d'un blog quelconque, seule la note générale sur allociné (si j'ai un doute sur le film) ou la bande-annonce seule me suffit à me dire "j'y vais" ou "je n'y vais pas".
Après, il est aussi vrai que je passe quelques midis à manger en regardant des chroniques sur les films, notamment celles du Fossoyeur que je prends un réel plaisir à suivre.

Alors, pourquoi? Pourquoi je m'embête à écrire tout ça?

Story of my life

En fait, l'écriture et moi, ça remonte à super loin. De mémoire, je devais avoir 13 ans, j'avais un copain d'école qui tenait un "carnet de bord", sorte de journal intime à mille lieux des pathétiques "journaux intimes" des filles (pensions-nous!), et son assiduité me stupéfiait à entretenir ce carnet; comptez en plus qu'il avait un an de plus, donc la maturité que l'on attribue (enfin, moi en tout cas) à un aîné d'un an à cet âge-là.
Sans doute par mimétisme, trouvant l'idée intéressante, j'ai donc entrepris d'écrire mon propre carnet de bord, et cela remonte à 16 ans maintenant.
Mon pote savait écrire, mais aussi dessiner; j'ai donc tenté pendant un long moment de dessiner moi aussi, sauf que je n'ai aucun talent en dessin et je n'ai jamais réussi qu'à dessiner des scribouillis laids et pas inspirés, que, de honte, j'effaçais quelques années plus tard.

Pour autant, je continuais d'écrire, assidûment d'abord, puis d'année en année, les paragraphes se sont espacés; aujourd'hui, j'écris sans doute trois à quatre fois par an dedans! Le petite calepin, ceci dit, s'est transformé en fichier TXT et ce que j'y écris a pris (je l'espère!) de la maturité mais surtout du volume; j'en écris souvent plus en un seul jour que le plus gros de tous mes articles sur ce blog.

Je crois que l'envie d'écrire un blog m'est venue en prolongement de ce carnet de bord; autant ce que je consigne dans ce dernier ne concerne que moi, autant je me suis dit que quelques trucs vaudraient la peine d'être partagés : quand vient le moment de se battre avec un logiciel quelconque, de consigner des commandes Linux qu'en bon windowsien, je n'utilise qu'une fois tous les deux ou trois ans, quitte à les consigner pour moi, pourquoi ne pas rendre cela public? Après tout, les difficultés que, moi, j'éprouve à un moment donné, il y a fort à parier que quelqu'un d'autre les rencontre aussi.

En fait, je ne parlerais pas d'altruisme, pas vraiment; j'écris avant tout pour ne pas perdre cette connaissance de mon côté. C'est davantage l'aspect "oh, et puis tant qu'à faire" qui m'a poussé à faire ce blog (écrire sur le bloc-notes Windows ou sur un éditeur de blog, finalement, ça ne change pas grand-chose à ce que j'y écris!).

Ensuite, jouant à World of Warcraft depuis le début, je me suis mis à créer un site pour ma guilde de l'époque (nous sommes en 2005 quand me vient cette idée). Créé à l'arrache, copie du site officiel du jeu en version "pour les pauvres", je fais d'abord héberger ce site sur mon espace perso Free, mais il se trouve qu'à l'époque, Free limite énormément la bande-passante et c'est un calvaire à consulter. Mais bon, avec l'appui d'une Dedibox, un serveur privé entretenu par des copains, je squatte un peu d'espace et les connexion vont tout de suite mieux.
J'ai passé plus le temps à l'époque à coder mon site tout seul et à y écrire qu'à jouer au jeu qui me l'a inspiré, un comble! Et le pire, c'est que j'ai adoré ça.
C'est en concevant ce site que me vient l'idée d'un dictionnaire rigolo de World of Warcraft, me rendant compte dans quelques soirées que je me mettais à parler une tout autre langue que les non-joueurs; j'entame donc un dicoWoW sur un ton humoristique que je m'éclate véritablement à écrire.

De fil en aiguille, me vient l'idée d'un blog, et je me mets donc en quête d'un hébergeur et le plus connu à l'époque (fin 2008), Skyblog, qui existe depuis, me semble-t-il, la nuit des temps. Je m'y inscris (mon blog y est encore!) et commence donc mes tutos et la suite de mon dicoWoW, car mon site n'est plus hébergé ailleurs.
Par la suite et vue l'aura peu flatteuse entourant les Skyblogs, réputés pour être les repaires puants de rebuts de l'orthographe, et déçu par l'ergonomie générale du site, je décide de me mettre sur over-blog, en 2009, sur lequel, ma foi, je suis toujours, quelques 600 articles plus tard.

Le bien qui fait mal

Ecrire, depuis le temps, est devenu quelque part un besoin pour moi, malgré tout, je me pose toujours la question de "devrais-je écrire ça sur mon blog ou sur mon carnet de bord?". Et là, la critique des autres, vous, chers lecteurs, et mon auto-critique commencent à chatouiller. Ce qui va suivre vous semblera sans doute une auto-victimisation de ma personne, mais étant moi-même prompt à relever les défauts des autres, je n'ai pas le moindre problème à admettre les miens. Donc, plutôt qu'un appel aux larmes inutile, il s'agit davantage d'une analyse sur mon propre passif. Vous voilà prévenus.

Mes coups de gueule, pour commencer par eux, sont avant tout un moyen de gueuler à peu de frais sur des domaines qui gonflent tout le monde. Je ne me souviens honnêtement pas de la motivation de mon premier article de la sorte mais, me connaissant, ça sent bon le coup de quelqu'un qui m'a fait une crasse sur la route.
C'est idiot d'en parler, en fait, de ce genre de choses, même s'il s'agit de l'archétype même de la colère au quotidien; idiot parce que je me suis fait la remarque que si parler à d'autres de problèmes que l'on rencontre permet de les adoucir en partageant sa peine au lieu de la ruminer, parler de sa colère envers quelqu'un ou quelque chose, bien loin de l'alléger, entretient cette colère (je ne me suis jamais senti plus calme après avoir parlé d'un cafard qui m'a coupé la tronche à un rond-point, par contre cela a bien attisé la haine dans ma mémoire).

D'autant qu'il ne s'agit que d'enfoncer les portes ouvertes : tout le monde est bien d'accord pour gueuler contre les mauvais conducteurs, et tout le monde, à un moment ou à un autre, est aussi mauvais conducteur (bien que je soutienne que je n'oublie jamais mes clignotants et, d'une manière générale, porte une attention toute particulière à ne pas faire ce que je reproche aux autres - exception faite de coller au cul quand quelqu'un se traîne devant, j'ai du mal à m'en débarrasser). Cela dit, j'ai été surpris que ce coup de gueule enfantin soit finalement relativement bien accueilli : on a trouvé cela drôle et j'en ai été flatté. J'ai donc recommencé mais je suis tombé sur des sujets plus glissants que d'autres (dont certains abordés à dessein). Je m'attendais à des commentaires, mais j'ai regretté en fait une fois que je les avais d'avoir écrit l'article en question : rédigé à la va-vite, absolument pas renseigné, basé sur des avis tout faits et le tout écrit sur le coup de la colère : on est loin de ce que j'avais en tête en les écrivant.
Je pense que c'est la partie la plus douloureuse de ma vie de bloggueur : se rendre compte que l'on n'est pas assez fin pour tenir une argumentation qui tienne la route, pas assez motivé pour trouver des sources qui corrèlent mes arguments défaillants pour enfin réaliser qu'écrire sur le coup de la colère ou d'un quelconque sentiment du moment n'amène qu'à utiliser des poncifs mille fois lus ailleurs.
Et le pire, c'est que même une fois pressé le bouton "Publier", je ne me sens pas rasséréné pour autant; en fait, je n'ai même pas une seule fois eu l'impression du travail bien fait.
Avec le recul, même mes critiques de cinéma, j'ai des doutes sur leur intérêt : c'est en effet tellement subjectif et bien souvent en totale opposition de l'avis commun que je me demande si je ne marche pas sur la tête (encore tout à l'heure, je suivais une chronique sur le second film dédier à Wolverine des X-Men, qui comprenait un retour sur le premier volet, copieusement conchié par l'ensemble du ouèbe, mais que j'ai personnellement bien apprécié en dépit d'incohérences certaines; cette même chronique, donc, encensait le second Wolverine que, pour ma part, j'ai largement conchié - même si je n'ai pas écrit de critique sur lui ici). Et même si je préfère quand même mes critiques ciné que mes articles moyens, ça ne vole pas non plus bien haut à mes yeux.

La question se pose enfin : pourquoi, puisque je porte un tel regard sur mes écrits, continué-je à écrire ici?

Ma dame me disait la dernière fois : "tu veux laisser une trace sur le Net? La postérité?". Je ne crois pas; du moins pas fondamentalement. Evidemment que j'aimerais être lu et connu, mais je pense que si je désirais vraiment, je pourrais faire des efforts et investir davantage de temps et d'énergie dans mes articles. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi je fais ça et pourquoi il est vraisemblable que je continue. Peut-être que c'est un besoin d'écrire même si je sais que je ne serai pas lu, peut-être aussi est-ce la foi que quelque part, ce que j'écris, si plein de défauts que ce soit, plait. En fait, c'est sans doute ça, mon moteur : récolter, quand ils tombent, des phrases aussi simples que "j'ai lu ton article sur tel truc", ça me met en joie. Je suis simplement content que l'on me lise en dépit de toutes les daubes que j'écris, même si vraiment, j'essaye d'y mettre ce que je veux exprimer.

Merci en tout cas, chers lecteurs, ceux de passage, les occasionnels, les réguliers, de me lire, c'est la meilleure récompense que l'on puisse espérer en tant que rédacteur. Merci du fond du coeur.

Je finirai par cette phrase de Bernard Werber (si c'est bien lui qui l'a écrite, je préfère être prudent) : "Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre." Amen!

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George MacArthur Onslow 23/01/2014 19:24

C'est le côté obscur de la force qui te pousse a rager sur les cyclistes, sa soulage pas, mais sa fait du bien quand même. muahahaha

Shinkel 24/01/2014 08:10

C'est primaire en fait. Voire même primate. Surtout quand j'te connais :D

AM 10/01/2014 22:08

Et pourquoi te lire ? Parce que c'est agréable de lire un article bien rédigé, que ton opinion est intéressante et argumentée (subjective, oui bien sur, comme toutes les opinions, si, si), et que cela me fait passer un bon moment. Voilà ! (ok, je ne lis pas les articles sur les jeux, je n'y comprends rien...). Donc merci à toi de prendre le temps de nous distraire.

Shinkel 11/01/2014 08:59

Merci AM, merci beaucoup!!