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La boîte à fourbi

Blu-Ray : La Stratégie Ender (Ender's Game)

5 Avril 2014 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Cinoche & mouviz

A moitié attendu et à moitié craint pour ma part, hier soir, c'était SF au menu. Chaud devant.

Blu-Ray : La Stratégie Ender (Ender's Game)

Pourquoi attendu? Il s'agit d'un des bouquins les plus cultes de ma maigre culture SF, datant de mon enfance (publié en 86 en français mais lu une dizaine d'années plus tard pour ce qui me concerne).
Ce roman d'Orson Scott Card, sur les goûts duquel en matière d'homosexualité je ne me prononcerais pas, a bénéficié en 2013 d'une adaptation cinématographique signée Gavin Hood, qui a réalisé entre autres le très controversé (mais que j'ai beaucoup apprécié quand même) X-Men Origins : Wolverine en 2009.
Donc, pourquoi pas un film, ma foi? Le problème, c'est que les puristes aiment à cracher sur les adaptations ciné par principe, et j'avoue que j'ai refoulé mon envie d'aller voir ce film au cinoche de peur de voir se faire massacrer un classique de mon enfance. Verdict?

N'y allons pas par 4 chemins : j'ai passé un très bon moment. Sans dec'. En cherchant des infos sur le film juste avant d'écrire cet article, je suis tombé sur >cet affreux torchon< qui m'a fait grincer des dents. Avantage, remarquez : en face de ça, mes critiques ne me semblent plus aussi aberrantes et mal documentées qu'avant, puisque des crétins encore plus subjectifs que moi vomissent des articles comme ça en étant payés sur un grand site d'information. Enfin bref.

Au casting, à part Harrison Ford, qui campe le "mentor" d'Ender, Ben Kingsley (c'est idiot, mais je tiens à garder son rôle secret, donc chuuuuut!) et Nonso Anozie, dont je me disais "je l'ai vu mais où" (en tant que Xaro Xhoan Daxos dans la série Game of Thrones), et qui sont donc tous trois des seconds couteaux, tous les protagonistes sont d'illustres inconnus, la faute à leur jeune âge, et pour cause : l'histoire tourne autour de ces enfants.

Histoire de vous replacer l'histoire, nous sommes dans un futur incertain dans lequel la Terre a subit et repoussé l'attaque des Doryphores (j'ai pour le coup carrément préféré le terme Formics en anglais, le doryphore étant un parasite de la... pomme de terre, ça fait pas bien classe d'avoir un grand méchant bouffeur de patates, vous en conviendrez), suite à quoi des enfants sont sélectionnés pour entrer dans un cursus militaire, encadré par le gouvernement.
Andrew Wiggin, qui s'est donné le surnom d'Ender ("terminateur"), est le 3ème enfant d'une famille dont tous les enfants sont surdoués. Le problème, c'est que les "troisièmes" sont des cas particuliers dans la société, et dans le cadre de la sélection pour intégrer l'élite militaire destinée à repousser la prochaine et incertaine revanche des Doryphores, l'aîné Peter et la soeur aînée Valentine ont déjà échoué à intégrer la prestigieuse Ecole de Guerre.
Génie tactique que l'on isole dans l'ombre, on suit donc Ender dans son parcours au sein de l'école militaire.
Le livre est très, très dense et montre comment un gouvernement peut transformer un enfant en arme de guerre, de manière très intéressante. Au moment de sa sortie, ce best-seller de Scott Card a, semble-t-il, détonné par ses implications et allusions politiques quant à l'intstrumentalisation des enfants; mais plus que cela, pour l'enfant que j'étais, c'était un livre assez difficile d'accès, rempli d'injustices envers un héros constamment mis à mal, au long de ce qui s'avère être un parcours du combattant sans fin.

Tout ce dont je viens de parler me semblait difficile à retransmettre dans un film, le manque de longueur n'aidant pas. Et pourtant! Bien que le film fasse environ deux heures, les sujets essentiels sont abordés sans trop s'y attarder en conservant un rythme bien étudié : de ce côté-là, le bouquin est hautement respecté et raccourci intelligemment.

Certes, les batailles dans la Salle de Bataille, avec ses étoiles et ses stratégies, ont été à mon goût trop largement mises de côté, mais vue la densité du livre, je vois mal comment il aurait été possible de faire autrement, surtout sans plomber le rythme et l'intérêt : nous sommes en train de voir un FILM, crénom.

L'un des points principaux du livre se trouvait être le jeu auquel Ender joue sur sa tablette dans le dortoir. Hautement psychologique, il se trouve être là encore de force abrégé, mais le rendu permet de l'incruster dans le film d'une manière que j'ai trouvée efficace : chapeau!

La partie sur Terre se déroulant pendant qu'Ender est à l'école et nous permettant de suivre Peter et Valentine, que je trouvais passablement chiante dans le livre (politique dans toute sa splendeur, pas étonnant), n'est par contre absolument pas abordée; je comprendrais donc que les puristes en veulent au réalisateur d'avoir mis de côté cet aspect, mais d'un autre côté, à la différence du jeu et des stratégies, cela n'apportait de mémoire rien à l'histoire du premier livre du Cycle d'Ender, ce n'est donc à mon sens pas une grosse perte.

L'ensemble de l'histoire a été respectée (bien que j'aie hurlé pour rien pendant quelques plans qui s'annonçaient comme destructeurs du twist final, heureusement qu'il n'en fut rien), le rythme bien fichu, du tout bon, si je résume jusqu'à présent.

Côté plastique, alors?

Soufflé j'ai été par les plans et l'esthétique générale : la direction artistique permet à la Stratégie Ender d'avoir un cachet propre et une ambiance froide totalement adéquate au contexte. De plus, le peu de combats, spatiaux ou non, mis en scène le sont de manière claire, bien loin des plans de caméra merdiques que l'on nous sort, tout tremblottants parce que "comme ça ça fait plus dynamique" dans les blockbusters habituels (merci Michael Bay, même si j'aime bien tes Transformers).

Les personnages, enfin, sont crédibles et reflètent bien leur équivalent papier. Bonzo est encore plus insupportable que dans le bouquin, dommage que les autres "baddies" dont est pavée l'histoire d'Ender ne soient pas plus développés (au même titre que les "lieutenants" d'Ender, bien entendu), mais là encore, c'est le jeu de l'adaptation.

Que du bon, alors?

En réalité, l'adaptation est à mon sens d'un très bon niveau et respecte totalement l'oeuvre originale (dans le cadre de l'adaptation, je le redis!), mais le sujet de fond ne fait pas vraiment partie de ces sujets qui transportent, en dépit qu'il s'agisse de SF. Et la fin, comme dans l'oeuvre originale, n'est pas un happy ending bateau : un peu comme dans The Dark Knight, c'est "... Bon bah c'est fini. Hem.". Pas de victoire éclatante, mais plutôt un goût amer.

Au final, donc : un très bon film de SF, au bon rythme, respectant l'oeuvre originale, visible par tous, à la plastique très propre et cohérente, mais surtout ne vous attendez pas à aller voir un blockbuster classique : vous en sortiriez probablement déçu. Les autres : regardez le film, puis lisez le bouquin pour en apprécier toute la profondeur!

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