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La boîte à fourbi

Tout pour la musique - 1/2

13 Avril 2015 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Savez-vous que, derrière mon apparente apparence qui me fait apparaître tel que vous me voyez, se cache un grand coeur sensible? Pas sensible aux coups, enfin, pas que, mais un coeur qui aime bien chavirer de temps à autres. Parfois, quand en hiver la gastro pointe le bout de son vilain nez, mon coeur se retourne littéralement, parfois aussi dans un vertige d'amour, mais aussi parfois pendant des films : oui, tout minot que j'étais, j'ai pleuré pendant Titanic, que voulez-vous... J'ai aussi pleuré à la fin du Maître d'armes avec Jet Li. J'assume, j'suis très sensible à ce type de trucs. Tellement que je suis sorti d'épouvante pendant l'affreux Planète Hurlante au cinéma à l'époque... Trop peur! J'ai peur des trucs qui font peur, ce qui fait de moi un bon public, direz-vous. Impossible d'envisager de voir le moindre Alien (sauf Aliens vs Predators, mais c'est pas toutafay pareil... Ouais, c'est un nanard, mais j'avais bien aimé, nan mais) sans risquer les cauchemars pendant des semaines - sensible, vous dis-je!

Mais il y a autre chose qui, bien plus régulièrement, m'amène la larme à l'oeil (dit comme ça, on dirait que je passe mon temps à pleurer, mais pas tant que ça, j'vous rassure) : la musique. Je suis par trop sujet à me laisser emporter par un joli morceau qui résonne avec d'heureux moments de ma vie, ou bien juste parce que telles que les notes suscitent une authentique émotion telles quelles.

Encore un truc super cliché, mais il y a environ 10 ans, je me souviens avoir accueilli avec un évident dédain le titre My immortal d'Evanescence, alors très en vogue. Préférant le (trop entendu?) Bring me to life du même groupe, ce morceau ouin-ouin m'a laissé de marbre, le jugeant trop "pour les filles, prfff", parce que bon, j'suis un homme et un homme ça n'pleure pas, enfin, pas publiquement, nan mais. Comme le disait Anthony Kavanagh, je transpire des yeux tout au plus.
Quelle ne fut pas ma grande surprise quand, un matin, je mettais plus ou moins par hasard dans mon casque à bas prix mais aux bonnes qualités audio ledit My immortal, quand tout à coup les larmes de me sont montées aux yeux de manière absurdement incontrôlables : en cet instant, j'avais l'impression que mon coeur s'était brusquement rendu vulnérable et ces notes résonnaient aux tréfonds de mon âme, rendant cette musique simplement... Belle, belle à en pleurer.

En parler comme ça me fait rire moi-même, à grand renfort de "mais purée qu'est-ce que j'ai foutu", il n'empêche que, ridicule ou pas, j'ai réellement été touché pour la première fois par la beauté d'une musique. C'est purement subjectif, naturellement, mais j'ai prêté dès lors une attention toute particulière à ce que j'écoutais, au potentiel émotion des musiques qui accompagnent ma vie.

Pas non plus à la recherche de fondre en larme sur un Sandstorm de Darude, force est de constater que les musiques mainstream qui me font verser la larmichette se comptent sur une seule main, et encore, amputée de quelques doigts.

En revanche, il est d'autres domaines moins attendus dans lesquels l'émotion est plus récurrente (avec un E et deux R, pas avec un A et un seul R, sinon ce serait de la musique Monsieur Propre, qui récure aussi), c'est la musique de séries TV. Je ne vais rien vous cacher, autant la seule musique mainstream à ce jour qui me fasse quoique ce soit est My immortal, autant la seule série dont la musique m'ait amené la larme à l'oeil est celle de Doctor Who.

Doctor Who est une série suprêmement particulière, sur laquelle je m'étendrai certainement un jour ici, mais sachez si vous y êtes étranger qu'il s'agit de la série de SF la plus ancienne au monde, avec le premier épisode datant de 1963. Plus de 50 ans avec des hauts et des bas, une atmosphère à laquelle on accroche ou pas (très kitsch, assez indescriptible en vérité, mais je n'ai jamais vu quelqu'un qui se situe entre les deux, soit on aime, soit on ne comprends pas comment on peut aimer, ce qui est malheureusement la majorité), mais du coup, un bagage en terme d'univers très important et une notion unique propre à cette série de régénération. En gros, cette astuce scénaristique permet de conserver un personnage en en changeant l'apparence, ceci dû au fait que le Docteur est un extra-terrestre.
De fait, chacune de ses incarnations (nous en sommes aux douzième/treizième, merci Moffat d'avoir foutu le merdier) est unique et a ses fans dans la série, mais chaque régénération marque la fin d'une ère, si j'ose dire, et son lot d'émotions associé, puisque le personnage principal "meurt"... J'ai, comme beaucoup, commencé Dr Who lors du reboot de 2005, et m'étant attaché au Docteur d'Eccleston, j'ai eu du mal à passer à Tennant, qui pourtant est pour beaucoup (moi y compris) le meilleur docteur du reboot.

Doctor Who a une bande-son très riche qui se renouvelle de saison en saison, et sur le volume de musiques, quelques rares m'ont rendu le coeur gros, notamment grâce aux moments auxquels ces musiques sortent dans la série (à laquelle, vous aurez compris, j'adhère totalement).
A la fin de la saison 2, le Docteur se sépare de son compagnon de route sur une musique lancinante qui m'a beaucoup touché à l'époque, Doomsday. Hop, pleurage - même madame qui n'aime pas spécialement Dr Who a mouillé le mouchoir, c'est dire. Je ne crois pas, ceci étant dit, que cette musique m'aurait autant ému sans la scène associée.
Plus tard, une musique grandiose qui m'a parlé quand je l'ai écoutée mais qui est passée totalement inaperçue dans la série, redécouverte plus ou moins par hasard lors de mes pérégrinations sur Youtube, This is Gallifrey. Le contexte dans lequel je l'ai découverte était lors d'un duo pendant de la soirée des Proms 2010 (une soirée spéciale sur Dr Who axée sur la musique du show, organisée périodiquement par la BBC, détentrice de Dr Who) dans laquelle elle était couplée à Vale Decem, la musique de la régénération du 10ème Docteur vers le 11ème.
Cette scène, par contre, était particulièrement déchirante et le thème musical idéalement placé. Pleurage là encore (promis, je ne fais pas que ça de ma vie, mais pour cet article, j'me concentre dessus), et en cherchant donc sur Youtube cette chanson, je suis tombé sur la version des Proms dans laquelle >elle était couplée à This is Gallifrey<. Bien que je n'aie pas vu la partie maintenant appelée "classique" de Dr Who (pré-reboot de 2005), je me suis laissé emporter par l'émotion de tous les Docteurs qui se régénèrent les uns après les autres, et bien que je n'aie pas réussi à retrouver l'extrait des Proms sur Youtube, je vous prie de croire que je n'étais pas le seul à avoir la larme à l'oeil lors du climax de Vale Decem.
Plus tard, deux autres musiques m'ont marqué : la première, point de larmes, mais juste "c'est tout de même joli dites-moi" : The Long Song, bien que je comprenne que la voix de la jeune chanteuse ne fasse pas l'unanimité. Enfin, la dernière à m'avoir tiré une larme passe dans un épisode spécial de Noël, traditionnel dans Docteur Who, qui est une réinterprétation de A Christmas Carol, grand conte classique de Noël chez nos amis anglo-saxons, et autant les contes de Noël me laissent froid (jingle!), autant cet épisode m'a beaucoup marqué - ouais, j'ai encore chialé, ça va - notamment grâce à la voix magnifique de Katherine Jenkins interprétant Abigail's Song (Silence is all you know) dans le contexte là encore tellement propice et triste de l'épisode, impossible de ne pas se laisser entraîner.

J'ignore si vous aussi, vous cherchez ces grands moments d'émotion dans la musique, mais dans mon cas, la musique est tellement présente tous les jours de ma vie que sentir de temps en temps le coeur se gonfler d'émotion en raccrochant des images ou des moments spécialement à un contexte musical me semble essentiel. Après, pas la peine non plus de tomber en larmes à chaque morceau de musique, mais savoir saisir l'émotion au vol apporte un vrai plus en terme de vécu musical. M'est avis.

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