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La boîte à fourbi

Chers voisins

22 Août 2011 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Aujourd'hui, je rentre pépère du boulot - journée de reprise, yay - et, de sortie sur ma terrasse, je trouve dans le coin une grand dalle de carrelage explosée par terre ainsi qu'un pot de fleurs artificielles. Pas content, je pense direct à mes abrutis de voisins du deuxième, des bricoleurs du dimanche (littéralement) et adeptes de la machine en cycle essorage à onze heures du soir; déjà que c'est lourd pour moi, mais ça l'est encore plus pour mes voisins du dessus.

 

Pour vous retracer le portrait, ça n'a pas toujours été le grand amour avec eux : ils sont gentils, mais mous, genre chamallows avec leurs trois petites filles, qui galopent jusqu'à onze heures du soir avec la légendaire démarche légère à caractère pachydermique.

 

Etant un modèle bien connu de tolérance, j'ai donc cogné au plafond avec mon manche à balai (recouvert au bout d'une serviette, sinon ça laisse des marques et je me fais gronder) un nombre incalculable de fois, suis monté les voir quelques fois, mais à force, le temps aidant, soit je suis devenu plus tolérant, soit l'autorité a fini par s'installer chez eux, bref, les relations se sont détendues.

 

Dernièrement, nous avons dû monter les voir en urgence pour nous rendre un service, avec le frigo et surtout le congélateur qui partaient en cacahuète, pour qu'ils nous gardent nos provisions, ce qu'ils ont accepté sans rechigner, avec en plus un repas mexicain (madame est mexicaine) offert parce que "vous n'avez plus rien à manger, alors je vous ai préparé un petit truc. Repas qui n'aurait pas démérité dans un restaurant mexicain, franchement, joli à voir.

Echange de bons procédés, j'ai filé un coup de patte pour descendre un vieux congélateur des années 50 à la benne. Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes.

 

Par contre, pour les voisins encore au-dessus, ce n'est pas la même histoire : menteurs et bruyants, ils sont vraiment les voisins-types que vous ne voulez pas avoir, voir le premier paragraphe du présent article. Autant dire que je les attends au tournant, sachant que l'abruti de mari avait laissé un jour de grand vent son parasol ouvert sur sa terrasse, lequel a fini deux fois dans la même matinée dans mon jardin (première fois : bon, ça passe, mais faites attention, deuxième fois, parasol flanqué devant ma porte, geste que j'ai regretté après, j'aurais dû le casser, mais je n'aime pas le gâchis, c'est le propriétaire qui est con, pas le parasol), bruyant, bref, un sale con.

 

Ce soir, je rentre chez moi, et en faisant un tour sur la terrasse (je suis esclave d'un chat qui n'aime pas entrer chez moi mais qui gueule pour avoir des caresses, et moi, bonne pâte, je me laisse attendrir par ce que mon père appellerait un putain de greffier). Ô surprise, je trouve sur ma terrasse une dalle de carrelage format familial (25*50cm) éclatée et un pot de fleurs artificielles lesté au plâtre.

 

Vu l'écartement des éclats, ça n'est vraisemblablement pas tombé de bien haut, mon instinct sadique me dicte donc d'aller hurler en bonne et dûe forme ma façon de penser à ces bricoleurs abrutis du deuxième, mais avant, par pur protocole, je passe au premier, aussi pour cracher un peu de venin sur les voisins du dessus, genre "vous voyez, ça? *montre les éclats* vous avez une idée d'où ça vient? Encore vos voisins du dessus, hein? Je vais leur expliquer, non mais c'est incroyable, blablabla".

 

Je toque au premier, madame ouvre et met direct ses mains devant sa bouche, l'air catastrophée : "oh là là, je suis désolée, c'est de ma faute..."

Elle semble vouloir se jeter à genoux devant moi pour implorer mon pardon. Autant dire que je suis désappointé : et comment je fais pour pourrir mes voisins du deuxième que je ne connais pas?

Et en toute franchise, je ne lui en veux même pas un peu, à cette pauvre voisine désolée que j'ai devant moi (j'ai déjà vu des gens qui débordaient de bons sentiments et de franchise, mais elle, elle tient quand même le haut du pavé), elle a fait une connerie et elle s'en veut terriblement, moi, je voulais juste un coupable et je n'ai pas le bon, en fait, la dalle était tellement dans un coin que, sans le chat à aller papouiller, j'aurais pu passer des jours dans la voir.

 

Elle : "En fait, je voulais m'excuser auprès de votre femme (note : je pars tôt et ma dame part bien après moi), mais je l'ai vue quitter l'appartement, donc c'était trop tard (ce qui est vrai, ma dite dame m'a confirmé avoir entendu le bris juste avant de partir, sans penser que ça se trouve dans notre jardin), je suis vraiment désolée..."

Moi : "Ah, c'est vous? Bon, bah c'est pas grave alors, y'a pas eu de blessé, rien, tout va bien."

Elle : "Non mais là c'est vraiment de ma faute, je me suis faite gronder par mon mari pour cette bêtise, en fait je voulais faire une barrière pour ne pas que les chats passent (et en effet, les greffiers défilent sur leur balcon) mais je m'y suis mal prise, je suis tellement désolée..."

Moi : "Pas de problème je vous ai dit, en fait, je voulais juste confirmer que ça ne venait pas de chez vous, je veux une occasion d'aller voir vos chers voisins du dessus..."

Elle, étonnée, regard dubitatif.

Moi : "Bah si, les bruyants, là, les bricolos du dimanche, depuis que leur foutu parasol est tombé deux fois à cause de leur négligence, et suite au bruit qu'ils font tout le temps, j'attends une occasion de leur expliquer ma façon de penser, mais vous, c'est différent, je sais bien que vous n'avez pas fait exprès et que ce n'est pas de la négligence (en fait, ça ressemble même fortement au genre de conneries que j'aurais faite à sa place), alors c'est bon, je vous dis, tout va bien."

Elle, rassurée : "Ah, d'accord. C'est vrai qu'ils sont bruyants, j'en ai parlé à mon mari (qui en a au moins autant plein le dos que moi, voire en fait nettement plus), on en a marre... Bon, mais vraiment, que vous sachiez, je suis désolée."

Moi : "Allons, c'est OK, tout va bien. Bonne soirée alors!"

Elle : " Attendez, heu, vous avez de quoi manger?"

Moi, mode what the fuck : "Heu, oui, pourquoi?"

Elle : "C'est que que j'ai une amie, une voisine en fait, qui s'en va - malheureusement - et elle nous a préparé des gâteaux et des pizzas - vous voulez de la pizza? - et en plus j'ai du boeuf bourguignon à manger ce soir (lequel cuit tranquillement sur le feu)"

Moi : "C'est très gentil à vous mais on en a déjà mangé hier soir..."

Elle : "Bon, alors du bourguignon!"

Elle attrape un tupperware et met une grosse portion de bourguignon tout chaud dedans. Puis elle prend un second tupperwavre et y met deux énormes patates.

Elle , tendant les récipients : "Encore désolée..."

Moi : "Non mais tout va bien, je vous assure! Vous n'allez pas manquer au moins? 'Vous sentez surtout pas obligée, hein!"

Elle : "Oh non, on ne manquera pas!"

Moi : "Bon, bah merci mille fois alors!"

 

Je rentre chez moi, j'ai à peine le cul posé sur ma chaise que ça toque légèrement à la porte. J'ouvre et ce sont deux des trois filles des voisins qui me tendent une part (un quart, en fait) d'un gâteau aux mirabelles fait maison (que j'avais aperçu dans la cuisine du dessus). "Roh, merci les filles, fallait pas!" , même si ces fillettes ne comprennent pas, je devine que la porte de la voisine du dessus est ouverte et que ladite voisine écoute notamment pour savoir ce qui arrive à ses filles (elles n'ont pas dix ans).

 

Total, je pars chez mes voisins énervé avec un pot de fleurs et une dalle de carrelage et je reviens jouasse avec un bourgignon, des patates et une part de gâteau. Serais-je alchimiste?!

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Aratta 24/08/2011 09:15


Oui...
Comme quoi, ils sont limite plus polis Porte de la Chapelle qu'à Neuilly. Au moins, à porte de la chapelle le désagrément était plutôt auditif ("Aaaaaaaahmed, aaaaaaahmed, psssssh, t'as pas deux
grammes").


Aratta 24/08/2011 08:43


Je pense. Mais il me reste juste à identifier les vitres... car j'ai quand même beaucoup de voisins.
Et que ce ne sont peut-être pas les même qui lancent de la bouffe, qui fait venir les rats, aussi...


Shinkel 24/08/2011 09:13



Civilité, j'écris ton nom...



Aratta 23/08/2011 12:28


Je veux les mêmes!
Parce que pour l'instant mes voisins ne font que jeter des balles de golf sur le chat qui joue dans la cour...


Shinkel 24/08/2011 08:38



Les peaux de vache! S'ils savaient que les balles de golf peuvent casser les vitres quand les leur renvoie, tu penses qu'ils cesseraient?



Lilith 23/08/2011 06:52


"Alchimie" = "Toi y'en a manger, homme. Après, toi youpi les papillons".
...
Bon, je me moque, mais j'ai l'alchimie fondamentale montée dans le même sens. (Chose que le troll a apparemment très bien intégré : j'ai une tasse de thé prête au sortir du lit tous les matins.
Redoutable.)

Sinon, avec tout ce qui vous tombe sur la tête, il faudrait quasi prévoir des casques pour visiter le jardin, non ? ;)

Paw


Shinkel 23/08/2011 07:48



Je me demande, oui. En fait, je pensais mettre un filet de retenue. Mais ça va gueuler au syndic, ça change la façade.



Morgan 22/08/2011 20:42


Haha, j'adore :') tu t'es fait pourrir ton accès de rage et tu repars tout mielleux !


Shinkel 22/08/2011 20:59



Mais oui, c'est exactement ça! Et je les pourris quand, mes vrais connards de voisins, dans cette histoire?? Au fait, épilogue : on a fini de manger le très bon boeuf bourguignon et je remonte
pour leur rendre leurs tupperwares lavés, j'en repars une heure après, en ayant tapé la discute avec monsieur mon voisin du dessus. NP. Et sinon, je rage quand moi?