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La boîte à fourbi

Cinoche : Skyfall

3 Novembre 2012 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Cinoche & mouviz

Chers lecteurs, je ne vous ai pas oubliés. Pour preuve, je vais peut-être bien vous pondre une critique du dernier James Bond, sorti il y a une semaine. Comme ça, je serais peut-être même dans les temps pour que le film soit encore dans les salles, elle est pas belle la vie?

 

skyfall_wallpaper.jpg


Au menu, nous avons toujours Daniel Craig au service secret de Sa Majesté en tant qu'agent James Bond 007, Judi Dench, qui incarne toujours M, un acteur qui monte qui monte et que j'aime beaucoup, Ralph Fiennes (Voldemort) est ici Gareth Mallory, un personnage secondaire mais présent de manière récurrente dans ce volet, et dans le rôle du bad-ass de service, Javier Bardem, qui est... Le méchant.

C'est un peu court par rapport aux autres intros que je fais habituellement, mais le casting ne recèle pas de têtes connues (Javier Bardem, par exemple, pour un inculte comme moi, n'évoque rien alors qu'il aura été vud ans Vicky Christina Barcelona, bien que sa tête me dît quelque chose).

Est-ce un bon James Bond? Ceux qui avaient aimé (l'immonde) Quantum of Solace (qu'ils meurent dans les flammes de Justin Bieber) risquent de rester sur leur faim; ceux qui ne connaissent pas James Bond auront un premier épisode un peu particulier aux yeux du reste de la saga; quant aux autres qui suivent James Bond de manière plus ou moins proche auront, comme moi je l'espère, une bonne surprise dans cet épisode à part mais plutôt prenant.

En effet, d'habitude, James Bond, c'est le schéma suivant : belles femmes, belles caisses, cascades, gadgets, gros méchant et mission.
Commençons par le premier point, les belles femmes. Pour une fois, pas vraiment de James Bond Girl, eh non! Certes, James a de la charmante compagnie, mais cela reste ponctuel. Par contre, la place de James Bond Girl est cette fois occupée par un personnage central dans ce volet, à savoir M! C'est une idée géniale, ai-je trouvé, cela nous change un peu (quoique la splendide Eva Green de Casino eût laissé de sympathiques souvenirs) et cette idée se retrouve bien exploitée, bien que de l'avis de certaines personnes (celui qui partage mon ADN), M se retrouve justement "trop" centrale, ce qui est un point de vue cohérent selon ce que vous attendez de ce film. j'ai trouvé que cela permettait d'apporter davantage de lumière sur un personnage commun à tous les James Bond mais jamais abordé (bien que la relation M/007 soit un peu plus étoffée dans la dernière trilogie, pour mémoire, dans Casino Royale, 007 se retrouve chez M et on apprend même que la lettre M n'est pas choisie au hasard, "qui aurait cru que 'M' était en fait..." "Un mot de plus, Bond, et je vous fais exécuter."). Une autre charmante jeune femme fait également son apparition, qui n'était pas dans les deux volets précédents mais qui fait partie du background de la série depuis le début, mais je vous laisse découvrir le plaisir de l'identité de cette personne (et même si vous voyez de quel personnage je parle, la surprise de qui elle est reste entière, 'fin, j'espère!).
Belles caisses, attention surprise! James ne roule plus en Aston Martin, mais en... Jaguar. Enfin, au début du film. Puis... Puis, je vous laisserai découvrir "la" voiture emblématique de James Bond (les férus de bagnoles seront ravis et savent, j'en suis sûr, déjà de quelle voiture je parle), bien que les moins branchés anciens épisodes de JB ne comprendront pas l'immense clin d'oeil.

Cascades, il y en a. Mais je vais plutôt aborder ce point sous le chapitre "action". Ce film est très intéressant de ce point de vue-là, car James est d'habitude un bon combattant doublé d'un tireur d'élite, ici les scènes de combat ne sont pas autant légion que dans Quantum et les autres volets que j'ai en tête, c'est plus court et nettement moins central. Après, si vous voulez voir du film de baston, regardez plutôt Ong Bak et dégagez de James Bond, nan mais. Ou retournez voir Quantum of Solace, ça vous apprendra, pour la peine. L'accent est en effet beaucoup mis sur les années de service d'un James vieillissant (quoique le père Craig est toujours une sacrée baraque) et qui se retrouve (lui et le MI6) mis devant un monde qui a changé et dans lequel la place de ce genre d'organisation est remise en question. Par ailleurs, physiquement, James n'est plus aussi performant que dans ses films précédents (s'entend surtout la bilogie précédente Casino/Quantum) et cela lui éclate un peu au visage à un certain moment du film. La mise à mal des héros semblant être une chose courante dans les films récents (Ironman avec son paladium, Batman dans Dark Knight Rises, par exemple), par opposition à la difficulté passagère qui est surtout dépendante d'un méchant à défaire, nous parlons ici de quelque chose d'inéluctable tel que le passage du temps qui meurtrit le héros dans la chair (ce qui n'est pas sans rappeler l'agent Ethan Hunt de Mission Impossible dans le dernier) et lui ôte de sa superbe, le rendant du même coup "simple humain". Pour autant, point d'apitoiement dans ce film, on reste dans du James Bond, que diantre.
Gadgets. Si je vous dis gadgets et James Bond, vous pensez automatiquement à...? A..? A Q, bien sûr! Kiou, dans la langue parlée, Q le savant et ses inventions invraisembables dans son labo d'essais. A la trappe, le pépère. Quoi, comment? Plus de Q? Mais si, c'est juste que l'on poursuit dans la droite lignée des deux volets précédents (eh oui, ici encore), à savoir plus de Bond et moins d'artifices. Pour le coup, Q existe toujours, et fait peau neuve en la personne de... Q. Jeunot qui considère davantage Bond comme un mal nécessaire, autant que Bond le considère comme un jeune glandu dans son petit bureau, Q prend les traits d'un hacker tout à fait en phase avec le renouvellement de la série, qui au début m'a fait un peu grincer des dents mais qui s'est avéré tout à fait cohérent, bien loin des classiques images du hacker dans un film, une jeune glandu génial derrière son PC chez maman. Non, c'est le MI6, ici, monsieur. Un clin d'oeil est d'ailleurs fait aux fameux gadgets d'antan, ça fait plaisir.
Gros méchant, là encore, c'est de l'original. D'une certaine manière, nous retrouvons un peu de GoldenEye ici (j'en ai déjà trop dit!), pour autant cela ne sent absolument pas le réchauffé. Le méchant est déroutant, sadique mais terriblement efficace. Je n'en dis pas plus, mais il vaut le détour, quoique je crains qu'il inspire soit l'engouement, comme pour moi, soit la répulsion. A vous de voir.
Mission, enfin. James Bond, c'est une mission, toujours : sauver le monde pour les yeux de Sa Gracieuse Majesté. Hop  hop, ça dégage! Si ma mémoire est bonne, le côté parfaitement secondaire de la mission était déjà de mise dans Quantum, mais là, ça part totalement sur le personnel. Soit, James ne s'est jamais vraiment gêné pour rendre personnelle une mission professionnelle (Quantum, une nouvelle fois, débute là-dessus), mais là, il n'y a plus vraiment de mission en tant que telle, car l'intrigue est avant tout basée sur M, le MI6 et James Bond. Une bonne idée qui vient renforcer une série sans réel background, mais là encore je pense que certains n'apprécieront pas cette originalité.

Un dernier point, nous avons entre les mains (ou les yeux) un volet de James Bond au croisement entre l'ancien et le nouveau. Pour certaines raisons, nous voyons les anciens locaux du MI6 (tellement anciens que je doute même qu'on les ait déjà vus dans la série :p) et les nouveaux, nous voyons la modernité dans toute sa splendeur (et son ignorance) au travers du passage du tribunal, durant lequel le MI6 est décrit comme étant devenu désuet, victime de son ancienneté, pour autant le nouveau Q est l'incarnation même de cette nouvelle modernité, étant issu lui-même de personnages âgés tout au long de la série; nouvelles voitures et anciennes voitures, le manoir des Bond, l'île du méchant, nous avons tout au long du film l'ancien, le traditionnel, qui flirte avec la modernité, très intéressante dualité au coeur de laquelle se trouve, bien évidemment, James Bond.

Comme je suis un affreux jamais content, je me plaindrais juste, attention les yeux, du titre du film. Skyfall est tellement accessoire qu'on se demande pourquoi cela a été choisi, bien que cela prenne un peu de sens dès lors que l'on voit ce qui s'y passe, mais bon. Oui, je pinaille. Mais bon, j'ai payé ma place plein pot parce que j'avais pas fait le plein de tarifs réduits au CE, alors les 10,20€ restent coincés, que voulez-vous.

 

Les plus :
- Une trame innovante dans le bon sens du terme
- Un bon rythme en dépit de la diminution de l'action et d'une mission en transparence
- Le personnage de M, bien qu'au bout du compte on n'en apprenne pas des masses

Les moins :
- James Bond Girl? Où es-tu?
- Le titre.

Un volet novateur, très sympathique, prenant et enrichissant la série, un "bon" méchant, ce n'est peut-être pas du James Bond dans sa plus pure tradition, mais c'est un très bon film. Franchement, il serait dommage de le louper. Allez-y avec l'esprit ouvert!

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Georges Moustaki 28/11/2012 09:15

N'a vu le film et je serois plusse d'accord avec l'odieux connard :D
http://odieuxconnard.wordpress.com/2012/11/10/skyfall-fails/