Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La boîte à fourbi

Cinoche : The dark night rises

27 Août 2012 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Cinoche & mouviz

OK, j'ai des semaines de retard. Cela fait déjà deux semaines que j'suis allé le voir dans les salles obscures, et je n'ai pas d'excuses. Oui, oh, ça va, vous n'avez jamais de crise de flemmingite galopante?

 

darkknightrises.jpeg

 

Au menu, l'inusable  Christian Bale incarnant Bruce Wayne,  Gary Oldman qui est le commissaire Gordon,  Morgan Freeman aka l'éternel et dévoué Fox, le non moins éternel quoiqu'un poil moins dévoué Michael Caine en tant qu'Alfred. Nous voici avec la team de base. Viennent ensuite Marion Cotillard (Miranda), dont la prestation a fait grand bruit - nous y reviendrons -,  Anne Hathaway (Selina / Catwoman, déjà vue dans Le diable s'habille en Prada et dans moultes autres productions),  Joseph Gordon-Levitt (Blake), que j'ai découvert dans Inception, une surprise avec Burn Gorman, que je connaissais via Torchwood, et qui joue ici un second couteau quelconque, et une autre surprise de trop courte durée avec l'apparition de Christopher Judge pendant un quart de seconde en tant que méchant lambda (mais si, voyons, Teal'c dans Stargate SG-1!). Enfin, Tom Hardy est le némésis de Batman dans ce volet, en le personnage de Bane, Tom Hardy déjà vu lui aussi dans Inception.

Sur le papier, nous avons un casting qui fait des étincelles, avec un Christopher Nolan qui avait déjà pondu deux volets de grande qualité, l'attente était donc forte! Histoire de nous remettre dans l'ambiance, nous avions ma dame et moi revu les deux autres volets juste avant. Le premier restant à mes yeux le meilleur de la trilogie, le second étant tenu par un Joker redoutable, quid du troisième volet?

Je ne saurais dire si c'était la promesse d'un film incroyable qui m'a fait déchanter, la longueur soldatrayanesque du film ou la mort ratée de Marion Cotillard (bon, là, je trolle), mais ce fut pour moi un final en demi-teinte. Voire en quart de teinte. Voyons pourquoi.

Le film commence (sans vous spoiler) sur un pied inattendu : Batman est au placard, Bruce Wayne fait l'autruche depuis huit ans dans son palace, la ville est entre de bonnes mains, bref, on s'emmerde. Un élément déclencheur fait bien évidemment revenir Batman, mais celui-ci fait pitié, enfin, surtout Bruce Wayne, au demeurant fort bien portant pour un légume de huit ans d'âge. Ma dame a pour sa part adoré ce côté humain et je ne doute pas que beaucoup l'aient également apprécié, la suprémacie de Batman n'étant que trop éclatante (quoique) dans les précédents volets. Si vous croyiez l'avoir vu faiblard, attendez donc de le voir dans cet épisode. Le début est long, la première heure pour être exact, le film en durant environ trois (gasp).

La trame se met en place avec Bane et son masque darkvadorien, avec un détail qui m'a fait plaisir, même s'il ne dira sans doute rien à beaucoup de monde (je précise une nouvelle fois, moi pas lire comics donc moi pas référentiel), mais voir une baraque comme Bane s'exprimer avec un accent limite aristocratique et une diction qui m'a tout de suite rappelée celle de Liam Neeson dans le premier Batman de Nolan, cela m'a fait plaisir de voir un baddie qui en a dans le crâne. Mais, hum, c'est quoi donc, ce discours communiste de Bane? Hum? Autant le Joker fut un ennemi proprement affreux par son côté imprévisible, autant Bane est un genre de bolchevique avec un semblant de plan foireux dans sa tête, qui, à la différence du Joker, est rapidement deviné mais qui met une éternité à être déjoué en dépit de sa stupide simplicité. Pourquoi pointé-je cela du doigt? Parce qu'il est rare d'intercaler autant de trucs entre le moment où le grand plan final est découvert et celui où il est brillamment déjoué. Certes, cela change un peu... Mais que c'est long! Certes, cela permet de voir l'influence de Bane sur la ville, mais est-ce que cela en vaut le coup? J'ai surtout trouvé que cela cassait totalement le rythme d'un film qui en manquait déjà cruellement.

Surtout que l'intrigue est cousue de fil blanc, à un twist près sur la fin dont je vous laisse la primeur, mais à la différence des deux autres Batman, tout est si clair que le film en perd toute saveur. Dès le début, on sait à une vache près ce que Bane veut faire, et tout le film passe sur la réalisation de ces objectifs, avec un Batman aussi efficace qu'une mouche se jette sur un pare-brise pour arrêter un bus.

Collez-y en plus une Catwoman mignonne et prévisible (dernier point très raccord avec le reste du film, du coup), un agent de police un brin plus futé que la moyenne et qui devient "quelqu'un" sur la fin, là encore très transparent, un semblant de romance pour faire joli... Mouais, même comme ça, on sent que l'ennui transparaît autant que le beurre sur l'emballage d'un kouign amann.

Et c'est là le paradoxe : l'action ne manque pas! Il y a du combat, de la guérilla, ça bouge et tout! Mais ce film interminable est en plus plombé par une mise en scène brouillonne (c'est très à la mode, les combats avec des plans qui gigotent dans tous les sens mais qui rendent du coup la scène difficilement intelligible), si bien que passer avec succès de Batman à Bane à la population de Gotham aux forces de l'ordre ne se fait pas sans accrocs : on a l'impression que le réalisateur veut montrer un paquet de trucs pour donner de la profondeur au film (ce qui, en soi, est une bonne chose) mais qu'il n'arrive pas, au contraire d'un Game of Thrones, à rendre cette profusion d'informations sans que ça déborde dans tous les sens.

Spéciale dédicace à Marion Cotillard, qui si absolument charmante et pas trop mal, disons au niveau du reste du film, n'a pas pu faire autrement que de me déclencher un sourire préfigurant un fou-rire difficilement contenu sur la scène de son dramatique décès; je dis bien dramatique mais attention, dans le sens "affligeant". Nous en parlions avec celui qui partage mon ADN, tout de même, pour que cette mort apparaisse dans le film, il y a quand même un paquet de gens qui ont dit "elle est bonne, on la garde"! J'ai une hypothèse : c'était à la toute fin du tournage et tout le monde en avait marre, il était tard et tous ne pensaient plus qu'au kébab du soir.

Cette scène est tellement pourrave qu'un site a même été fait : http://peopledyinglikemarioncotillard.tumblr.com/ , que je vous encourage à aller voir pour vous faire une idée.

 

Pourtant... Pourtant, ce film est-il autant un navet que mon ire destructrice le laisse supposer? Je sais que j'ai la dent dure, mais c'est surtout parce que je m'attendais à un truc encore plus dingue que les deux volets précédents, ce qui ne fut pas le cas. Encore une fois, Gotham est terriblement bien rendue, familière comme le sont toutes les mégalopoles, Batman est montré sous son jour le plus humain, le plus vulnérable, et la production dans son entier est, reconnaissons-le, de grande qualité, c'est du Nolan. Ce qu'il manque, finalement, c'est une histoire prenante et un rythme soutenu comme dans le premier, ou un méchant qui en impose davantage que le Joker dans le second, or malheureusement, tous ces points sont en retrait. Bane aurait pu être intéressant, malheureusement il n'est pas suffisamment exploité à mon goût. Un peu longuet, The Dark Knight Rises clôt la trilogie, pas en apothéose comme il aurait dû, mais il la termine malgré tout. D'aucuns diraient : ça, c'est fait.

 

Récapitulons :

Les plus :

- Ambiance bien rendue

- Le twist de la fin

- Des clins d'yeux.. D'oeil.. Des références sympa (Catwoman...)

- Bon bah c'est fini.

 

Les moins :

- Prévisible de bout en bout

- Cruel manque de rythme

- Why so en demi-teinte, mister Nolan?

 

A voir histoire de terminer la série, mais n'y allez pas en attendant le truc qui restera dans les annales. Dans les rectums sans doute un peu, mais c'est à peu près tout. Allez, on va bouffer.

 

Ma note : 7/10

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

zazapetitchat 27/04/2013 14:20

Et bien moi j'ai bien aimé le film, sa bande son (oui c'est vrai les ficelles -des violons ? ah zut on dit cordes- sont un peu grosses pendant les scènes émouvantes mais de toute façon j'ai la larme facile, du coup ça ne change pas grand-chose... ) dont j'ai même offert le cd à Chéri et je ne l'ai pas trouvé si prévisible ni long que ça, enfin disons pas plus que d'autres... Quand on paye sa place plein tarif dans un multiplexe Pathé, on la rentabilise en restant jusqu'à ce que les employés te jettent dehors, non mais :s
Même le personnage de Selina était mignon, certes un stéréotype de la "voleuse séduisante et pas méchante qui ne l'est devenu que par nécessité et qui ne rêve que d'une vie normale au fond" mais c'est ce qui fait qu'on s'y attache (et qu'on devine dès le début que ce sera elle qui finira avec le héros).
Passons à Marion Cotillard. Bon. Je pars avec un a priori car paraît-il qu'elle est une vraie s... peau de vache avec ses propres fans, je pense notamment à celui qui l'a prise de loin, floue, en photo lors d'une descente d'avion pour faire plaisir à ses enfants je crois, qui s'est retrouvé poursuivi en justice à l'initiative de madame bien que lui ayant écrit une lettre où il s'excusait et s'engageait à retirer et détruire les photos en sa possession si ça pouvait lui éviter des procédures et amendes qu'il était dans l'impossibilité de payer.
*mode ragots OFF*
Donc je disais... euh... ah oui, que j'ai trouvé sa prestation plus que médiocre et qu'après en avoir aprlé autour de moi par crainte de partir sur mes préjugés, les avis étaient unanimes. Marion Cotillard n'apporte pas grand-chose au film si ce n'est grâce à sa scène de mort ridicule, à mon sens. Et puis franchement, elle n'est pas mon type donc je n'irai pas voir ses films rien que pour ses beaux yeux, héhé.

Shinkel 28/04/2013 11:28

Bouh, que c'est vilain les ragots! Mais bon, je confesse une tendance à y prêter l'oreille, et j'ai mio aussi entendu parler de cette triste affaire avec son fan, tu crois rêver (ça va, le melon?). Huit mois plus tard, 'me souviens plus du film, c'est dire s'il m'a marqué (ou alors la mémoire commence à me faire défaut, au secours, j'ai pas encore 30 ans), il faudra que je me le rematte d'ici quelques années, en toute légalité parce que le téléchargement, c'est le mal absolu qui est la cause que les producteurs ne peuvent plus que faire 8 pleins de leurs Ferrari par mois alors qu'avant, c'était 9; donc j'verra (sans 'i', j'm'ai pas trompé) ce que ça donnera.
Du reste, la BO, c'est qui qui l'a pondue? HANS ZIMMER! Je veux que ça poutre, enfin! Tiens, dommage qu'elle ait pas été offerte avec le film. Ce serait une formule, ça : on t'offre la BO du film que tu vas voir. Vu le tarif de la place, ça serait pas un luxe, nan?

Alys 30/08/2012 08:22

J'oubliais : merci de rappeler que la scène du décès a été validée par toute une équipe et notamment par le réalisateur!! Elle est tellement bizarre que je ne comprends pas cette levée de boucliers
anti MC, il est évident qu'on lui a demandé de la jouer comme ça, non?!?

Shinkel 30/08/2012 09:31



Il me semble avoir précisé justement l'approbation douteuse de l'équipe, mais que ce soit de la faute de l'actrice ou de sa direction, au final ça foire une scène à peu près importante du film,
c'est ça qui est dommage...



Alys 30/08/2012 08:19

Hhhmm ça ne t'a pas choqué la musique particulièrement explicite, du type "larmoyez, larmoyez, cette scène est émouvante!!" ? Ça m'a gâché toutes les scènes avec Alfred.
J'ai trouvé plein de défauts à ce film, mais je dois dire que j'ai passé un très bon moment, comme si l'ensemble avait prix malgré des ingrédients individuels peu satisfaisants.
C'est toujours aussi drôle de te lire, bravo. :)