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La boîte à fourbi

Ikea, ou le guet-apens féminin

10 Février 2012 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Cette semaine, j'étais en congés. C'est pourquoi j'ai pu vous rédiger de jolis articles sur la >comparaison Android / iOS<, et parmi mes objectifs de ces vacances, à part faire passer le contrôle technique à nos deux voitures (bien qu'au final c'est celle de madame qui l'a passé, la flemme a eu raison de la mienne), renouveler ma carte d'identité périmée depuis un an (fait depuis aujourd'hui, il n'est jamais trop tard), aller au cinéma voir Sherlock Holmes : Jeux d'ombres (ça, c'était mercredi, la critique sous peu, si j'ai pas trop la flemme) et enfin le sujet du jour, faire un tour à Ikea.

 

Ce matin donc, avant le week-end promettant comme chaque week-end d'être un enfer sans nom pour tout voyage Ikea (aussi bien dedans que pour y aller, je vais à celui de Plaisir, et autant vous dire que je ne connais pas de ville qui porte aussi mal son nom que Plaisir tellement c'est la galère pour y aller), je pris ma rouge monture, y casai mon enthousiaste compagne direction Ikea.

Malgré le fait que l'on fusse en semaine à moins de onze heures du matin, il y avait quand même du monde sur la route (c'est vraiment incroyable, à croire qu'il y a des points de spawn automatique de bagnoles quand tu passes un certain point), mais c'est globalement sans encombre que nous arrivâmes à Ikea et, miracle, une place semblait m'attendre, me tendant les bras presque à l'orée du parking. A la vue de ce qu'il s'est passé après, je commence à croire que ma machiavélique compagne avait préparé cette place tout spécialement pour me mettre de bonne humeur. Mais ne grillons pas nos cartouches trop tôt.

Malgré un trottoir fort agressif envers mon auguste jante avant gauche, sournoisement tapi sur la neige fondante, c'est encore une fois en un seul morceau (chacun de son côté s'entend, je n'ai pas fusionné avec ma compagne, soyons sérieux!) que nous franchîmes le seuil de l'illustre enseigne.

 

La roadmap était claire, le ciel dégagé, la populace oisive plutôt rare, il convenait donc de remplir un par un les points suivants :

- Glaner des renseignements sur une étagère destinée à prendre place au-dessus de notre téléviseur cossu (le meuble sur lequel repose ledit cossu téléviseur ayant une fâcheuse tendance à vomir les DVD plus que de raison),

- Statuer sur l'existence d'un petit meuble à acheter en deux exemplaires (dans le futur),

- Acheter une quatrième étagère Billy à 34 euros, mission principale à vrai dire,

- Faire le plein de biscuits affreux au maïs qui déchirent tout avec un nom imprononçable.

Suite à quoi, c'était retour maison, l'affaire devant être pliée en moins d'une heure et demie (TOPS DE CHEZ TOPS).

 

Le tour de l'étage supérieur du magasin, donc les expos, fut bouclé plutôt rapidement. Mais sitôt que nous nous rendîmes au rez-de-chaussée, les choses se gâtèrent.

Le rez-de-chaussée chez Ikea, c'est le temple de ce dont tu n'as aucunement besoin. Mais c'est un passage obligatoire pour accéder à la tant désirée étagère... A peine le seuil de l'infâmant étage franchi, je sens le sang de ma compagne se mettre à bouillir. Je sentais, implacables, ses gènes shopping, que normalement elle maintient en sommeil, fait rare chez une femme, il faut bien avouer.

Mais Ikea, c'est la fourberie, c'est l'étalage des trucs inutiles, comme cette splendide poële ovale (pourquoi?!) qui attire le regard, des trucs chatoyants par légion, pour tout et n'importe quoi! Fatalement, arrivés au niveau de la literie, elle flancha. "Oh tiens, des draps housse, on en prend?

- Pourquoi? On en a deux et ils sont encore bien...

- Non ils sont pas bien et [argumentaire ridicule aux oreilles de l'économe que je suis]."

Sentant que la paix de ma journée dépend de ma réponse, je cède, faible que je suis, aux sirènes du drap housse 180x200. Je maugrée mais, comme je maugrée tout le temps, ça passe inaperçu.

Après maintes tentations, nous arrivons enfin au Pays du Stockage Vertical de Cent Cinquante Mètres de Haut. J'avoue avoir rarement autant époustouflé par l'utilisation de l'espace de nos amis suédois. Je ne sais pas quelle tête ont leurs escaliers, mais ça doit être quelque chose si leurs greniers sont à l'image de leurs magasins. Fort heureusement, depuis le temps que nous investissons dans les mêmes étagères (c'est pas cher donc c'est bien!), nous savons que l'ami Billy est directement à droite en rentrant dans l'entrepôt.

Là encore, les amis nordiques sont costauds en innovations puisque Billy qui avant nécessitait un réaménagement complet de ma Clio en break a bien maigri et le paquet prend deux fois moins de place. Mais il pèse aussi lourd, j'ai donc eu la joie de lever un équivalent d'âne mort à la force des bras, c'est fou comme c'est lourd, l'aggloméré. Mais je suis un homme fort, puissant et surtout fier. Toute ma mâle souffrance s'est donc résumée à un "humpf" de bon aloi.

 

Petite parenthèse d'ailleurs : monsieur Ikea, pourquoi tu mets des petites perches avec un drapeau de merde en plastique sur ton chariot? Tu sais que quand je prends un virage, le drapeau en plastique me revient dans la tête, tu le sais, monsieur Ikea? Tu sais que la perche au sommet duquel se trouve cet odieux drapeau gêne pour charger les marchandises? Du côté droit, qu'elle se trouve, or c'est du côté droit que se trouve aussi le paquet que je dois prendre. Pourquoi, monsieur Ikea, pourquoi ce truc nul? Hein? Toi qui est si efficace par ailleurs... Alors ce qu'on va faire, c'est que tu vas démonter cette perche et supprimer cet affreux drapeau, et soit te carrer l'ensemble dans le fondement, soit le fondre et construire un meuble avec, doté d'un nom barbare comme tu sais si bien les inventer. D'accord, monsieur Ikea?

 

A la caisse, miracle, personne! Mon sourire revient, nous faisons nos provisions de gâteaux nordiques. Mission accomplie, en moins d'une heure. Quelle efficacité, et pourtant, nous n'avons pas galopé. Nous revenons à la voiture, aménageons de confortable espace intérieur de manière à faire passer le concentré Billy, puis je m'installe au volant.

 

Alors arrive ce que je n'ai pas vu venir, ce qui était pourtant évident a posteriori, que sans doute une partie de mon inconscient refusait d'admettre ou d'envisager. Une fois monté en voiture, ma compagne installée pour des raisons pratiques derrière moi, la ceinture bouclée, arrive à mes oreilles ceci :

 

"... Ca te dit d'aller faire un tour à la Halle?"

 

Point technique : "ça te dit" est une tournure de phrase typiquement féminine, signifiant grossièrement "on va faire tout ce qui est contenu dans la phrase qui suit, sinon crois-moi, je te ferai regretter d'être venu au monde pendant les deux prochaines semaines, il serait donc dans ton plus profond intérêt d'accomplir mes présentes volontés sans montrer la moindre réticence, sinon tu en as au moins pour une demi-heure de tirage de gueule, mon amour." Au final, "ça te dit", c'est quand même bien plus pratique à l'usage, mais il faut connaître la version complète.

Réponse prudente de ma part : "Pourquoi?"

"Bah c'est les soldes..."

 

Je m'insurge. C'est abominable d'imposer à votre conjoint, sous un prétexte fallacieux (une sortie Ikea, c'est fallacieux), une sortie soldes. Notamment parce que j'ai HORREUR des soldes. Parce que, basiquement, j'ai HORREUR de faire les courses de vêtements. Surtout que je n'en ai AUCUN BESOIN. Mais ça, elle le sait. Si si. Et vouss avez, mesdames, mesdemoiselles, que l'on ne peut pas refuser, parce que vous ferez alors jouer le protocole de défense des intérêts personnels inscrit dans vos chromosomes XX, à savoir la scène de couple là où il ne faut pas (donc au préférence au milieu de la foule) et avec toute la mauvaise foi dont vous êtes ignominieusement capables.

 

Je me suis donc retrouvé kidnappé dans une affreuse séance de soldes, mais il y a une justice divine : elle n'a rien trouvé. Comme quoi, la journée a finalement été belle!

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Vocabulair Communist 13/02/2012 11:46

Une faute dans le titre c'est intolérable

Shinkel 13/02/2012 18:18



Ah tiens oui! J'avais totalement oublié que ça s'écrit guet-apens... Autant pour moi :D