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La boîte à fourbi

La VO

1 Août 2012 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Keuah? Comment? Je n'ai jamais écrit d'article sur la version originale, la VO? MOA? J'ai osé oublier ça? Qu'à cela ne tienne, je vais vous en causer un brin, voulez-vous?

 

Je fais partie des défenseurs de la VO. Mais attention, cela n'a pas toujours été le cas. Non, comme beaucoup de monde, moi petit, je regardais la Guerre des Etoiles et Retour vers le futur en VF, surtout parce que, ma foi, dans les années 80 / début des années 90, la VF était absolue et inaliénable. Avant le DVD, il fallait se lever tôt pour choper une cassette VHS en VO, et bien souvent sans sous-titres (lesquels étaient évidemment incrustés), en somme, la VO, c'était au MERITE.

Idem pour le cinéma : avec pas loin de 100% des salles en VF, difficile de propager la VO.

Passons la TV analogique, le fait qu'internet n'existait pas encore dans nos foyers, non, vraiment, la VO, c'était réservé à une élite.

 

Puis est venu le DVD. Au début, je n'ai pas trop réfléchi (mais ça, vous en avez l'habitude) à cette possibilité, mais il y eu le film fatidique : Harry Potter premier du nom. En fait, je dois beaucoup à quelqu'un qui j'espère continue de lire mon blog et dont les initiales AMW devraient automatiquement lui parler; de par une forte proportion à la double culture anglaise/française, elle avait déjà depuis des années moults films en VO avant que ce ne soit "in" (enfin, considéré comme "in", nous y reviendrons) et pestait contre ces odieuses VF qu'on nous déversait honteusement.

Pour autant, elle ne crachait pas sur les productions françaises, hein. Juste que VO, ce n'est pas version anglaise, mais bien originale.

Harry Potter fut un superbe support pour qui, comme ma mentor de la VO, prônait l'original. Et en effet, le doublage cataclysmique m'a sauté aux yeux lorsque je vis la différence VF/VO. Gosh. Mes oreilles pleuraient des larmes de sang (si si, c'est possible, vous ne connaissez donc pas les glandes auriculo-lacrymales?) et c'est après une résistance pas trop farouche que je rendais les armes. Pour autant, il fallut attendre quelques années pour que la conversion soit complète, ceci largement aidé par la fermeture de l'ancien cinéma Gaumont et l'ouverture de l'UGC qui promouvait de base une large proportion de films en VO, proposant même, je me souviens, un ticket à tarif réduit pour les séances VO lorsque l'on allait voir un film en VF.

 

Alors, pourquoi m'être converti, finalement? Dans les discussions, on retrouve les mêmes camps que dans la guerre PC/Mac (même si les Mac ont déjà perdu depuis belle lurette mais refusent de se l'avouer, y'a qu'à voir les pubs Apple et leur ton affreusement pédant et le discours abêtissant pour voir à quelle population ce type de spots est destiné - hop, un bon clash-éclair, c'est pour moi) avec les pro et les contre.
Au rang des contre, toujours la même rengaine : impossible de suivre le film en lisant les sous-titres.

C'est à peu près le seul argument défendable, l'autre absolument pas défendable étant "c'est pour les beaufs / tout ça c'est juste pour te la péter en anglais".

Pas défendable, mais je vais quand même m'appuyer dessus.
Partie 1 de l'argument foireux : c'est pour les beaufs. Hem. Bien que nous soyons dans l'un des pays au monde où le doublage est une telle institution que l'on a la chance (enfin, "chance"...) d'avoir un des meilleurs doublages mondiaux, comment un français réagit-il à un film français doublé à l'étranger?

Déjà, il faudrait qu'il cherche un film doublé, parce que ça ne se fait pas tant que ça, de nombreux pays (scandinaves par exemple) préférant le sous-titrage au doublage. Ensuite, il rigolera. Oui, parce que ne plus entendre les voix des acteurs originaux est perturbant et sonne souvent ridicule. On se moque des américains qui préfèrent réaliser des remakes de films français, mais quelque part le doublage n'est pas franchement joyeux non plus, surtout si l'on se place du point de vue de celui qui est doublé. Pour les beaufs, donc? Ou bien est-ce que c'est justement ceux qui refusent la VO qui sont des beaufs?

Partie 2 : c'est pour se la péter en anglais. Pour ce qui me concerne, oui, un petit peu. Mais bon, c'est aussi et surtout parce que les films en VO (surtout s'ils sont anglais, je n'ai finalement qu'assez peu progressé en russe avec Night Watch) permettent aux réfractaires de la lecture empirique de presse ou de bouquins en anglais - comme moi - de progresser aussi bien au niveau du vocabulaire que de la grammaire. Mais pour ça, évidemment, il faut 1) avoir la volonté d'apprendre et 2) posséder les sous-titres en anglais, qui à défaut d'être parfaits (quoiqu'étant surtout problématiques au niveau des différences de qualité d'un film à l'autre) ont au moins le mérite de retranscrire l'essentiel du propos pour qui, comme moi, a du mal à se contenter de l'entente sans sous-titres (sans doute une mauvaise habitude).
Entre parenthèses, je suis tombé l'autre jour sur un commentaire hautement malin de ce qui doit être un sombre crétin et qui disait ceci (en anglais) : "à quoi peuvent bien servir les sous-titres ANGLAIS dans un film ANGLAIS? Qui AU MONDE a besoin de sous-titres dans la langue d'origine?".
A ce sympathique mais fort agaçant benêt, je réponds déjà les sourds et mal entendants (qui sont sourds, hein, 'faut pas se voiler la face, ou les oreilles), et ceux qui tout connement veulent apprendre l'anglais, c'est-à-dire une bonne partie du monde? Dernière catégorie, ceux qui ne sont pas de langue anglaise de naissance et qui n'arrivent pas à se débrouiller en VO seule et préfèrent donc avoir un support permettant de comprendre l'entièreté du film, plutôt que de se farcir une VF ou équivalente, c'est-à-dire les gens comme moi. Fin de la parenthèse.

 

On peut se poser la question : mais pourquoi les français sont-ils aussi frileux à la VO? Je lisais un article avançant l'hypothèse que les pays à langue latine étaient naturellement réfractaires à la langue anglaise, ceci plus deux ou trois coups de pouce historiques permettant d'établir le doublage en tant qu'institution avec les pour et les contre que l'on connaît.

Malgré tout le bien que je pense de la VO, j'avoue que parfois, il est difficile de bien profiter du film même avec les sous-titres (enfin, sous-titres anglais, tant qu'à sous-titrer, autant que ce soit pour apprendre des tournures de phrases et du vocabulaire). Hier encore, j'ai regardé The Dark Knight et j'en ai bien bavé pour comprendre ce qu'ils disaient, même avec les sous-titres : les acteurs parlent très vite, sans articuler et en plus avec des tournures de phrases pas vraiment évidentes et plutôt riches en vocabulaire. Bilan, j'ai perdu beaucoup de temps à lire et essayer de ne pas me laisser distancer par les sous-titre; si, en un sens j'ai mieux profité de l'histoire, je n'ai pas vraiment profité de la plastique du film.

 

Mais attention à ne pas généraliser, car je sens les défenseurs de la VF préparer un "AH-HA! TU VOIS BIEN!" : ce genre de films est assez rare pour ne pas constituer un blocage (si évidemment on ne fait qu'enchaîner les films "difficiles" à comprendre, ça bloque forcément...), si bien que l'on tombe avec un peu d'habitude sur une majorité de films que l'on peut regarder sans même avoir besoin des sous-titres autrement que pour s'assurer que l'on a bien compris un mot en particulier, ou une phrase inintelligible. Et là, comme mon Maître Bob dirait, c'est du velours : tu profites du "vrai" film.

 

Pour ceux qui ne demandent qu'à se familiariser avec la VO (dans le cas où VO = anglaise, vu la proportion de films dont nous abreuvent nos amis étazuniens et outre-manche), je peux vous conseiller de commencer avec des sous-titres français (attention à ceux en téléchargement illégal, les différences de qualité sont souvent "gouffresques" entre deux sous-titres!), mais de ne surtout pas vous y complaire : la facilité n'aide pas à comprendre la profondeur du film autant que le ferait un sous-titre anglais bien gaulé (si la VO est bien anglaise ou ricaine évidemment... Après, c'est tout aussi vrai pour qui veut apprendre l'hindou ou le russe, j'imagine), qui retranscrit totalement les tournures de phrases. Pour reprendre un exemple de film, prenez ce navet intersidéral de Spawn (oui, bon, je l'avais acheté 4€ à la caisse d'un supermarché, ça va!) : les sous-titres français ne reproduisent absolument les tournures dephrases et le vocabulaire du méchant Malebolgia, le gros clown démoniaque, fort heureusement, comme ce film est plutôt simple d'accès à ce niveau-là (diction lente et accents exagérés), on peut encore profiter des tirades à base de "listen, Crispy" (sous-titré "écoute mon gros", alors que "crispy" signifie "croustillant", choix de termes délibéré puisque Spawn est mort dans un incendie, ironie géniale mais totalement absente du sous-titrage français, une honte) sans avoir de sous-titres.

Donc, pour commencer, prenez de la VOSTFR.

Une fois que vous vous attaquez à de la VOSTA (là encore dans le cadre d'une VO anglaise, je le dis et le répète), méfiez-vous de quel film regarder, ou quelle série. Je me souviens avec émoi de Prison Break en VOSTA, duquel je n'ai absolument RIEN compris même en sous-titré anglais (grosse claque dans mon égo ce jour-là), puisque les détnus parlent très vite ET en "slang", le langage de la rue. Odieux, j'ai dû me rabattre sur la VOSTFR.

Pirates des Caraïbes est à déconseiller au débutants en VOSTA, car le parler pirate, c'est quelque chose et ça frise l'incompréhensible (surtout que le vocabulaire marin, finalement, on s'en sert assez peu).

Batman, pour les raisons évoquées ci-dessus, itou.

Transformers est un peu plus abordable, mais Sam parle vraiment vite et en mâchant ses mots, cependant ses tournures de phrases sont géniales et la VOSTA est profitable.

Je conseillerais plutôt les Harry Potter, plutôt accessibles (d'autant que l'accent anglais, avec lequel j'ai personnellement plus de mal qu'avec l'accent américain, est présent sans être caricatural), les Matrix, même topo, Equilibrium... A la réflexion, la majorité des films qui me viennent en tête sont regardables en VOSTA sans grande difficulté, il y en a juste certains qui sont assez hardcores et dont il faut se méfier si l'on débute.

 

En espérant vous avoir au moins un peu donné à réfléchir sur la VO et ses bienfaits, même au sein des pro-VF, voire carrément à vour avoir fait changer d'avis dessus (on peut toujours rêver), je vous dis à bientôt pour un nouvel article (formule que je n'utilise jamais, tiens!).

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