Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La boîte à fourbi

Ma maman

10 Avril 2012 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Peublik Reulaysheunz

Ou encore, comme le diraient nos amis outre-Alpes, "Mamma mia". Oui, j'ai été voir ce truc. Piégé, en fait, vous vous en doutez. C'est que, il y a peu, nous avons procédé à la remise des présents d'anniversaire avec ma compagne (pour des raisons pratiques, ça colle avec la date de mon propre anniversaire).

Je ne sais pas si c'est pareil chez vous, mais d'année en année, c'est de plus en plus dur de trouver des idées cadeau pour l'être aimé (et ça marche aussi avec la famille). Personnellement déjà, je ne suis pas facile à gâter puisque lorsque je veux quelque chose, je me l'achète tout de suite, au grand dam de ceux qui aimeraient avoir une idée sur un plateau d'argent pour un quelconque anniversaire ou Noël, sachant que la patience n'est guère une de mes principales qualités.

Sauf que ce qui vaut pour moi vaut aussi pour ma chère et tendre et il s'avère qu'elle-même n'est pas facile à meubler.

 

Comme elle n'aime pas trop les DVD/Blu-Ray (valeur sûre mais manquant selon elle d'intérêt dans le cadre d'un célébration quelconque, ce que je ne partage pas), il faut chaque fois se creuser la cervelle (enfin, la mienne en l'occurrence) pour trouver un présent qui sorte des sentiers battus. Ma dame aime la japanimation au sens large, donc fut un temps, les figurines hors de prix permettaient à la grosse feignasse que je suis de pallier à mon manque d'imagination cadeau-istique. jusqu'à ce que je percute que 1) la place n'est pas illimitée dans mon modeste 3 pièces déjà bien rempli de trucs encombrants et que 2) le jour où il faudra tout déménager, les figurines seront une vraie plaie et que j'étais donc en train de me tirer une balle de gros calibre dans le pied.

Donc, reparti en croisade pour tenter de combler l'être aimé, je lui ai demandé si elle avait des idées.

Fourbe que je suis, oui. Parce que c'est la question qu'elle me pose à chaque occasion et que chaque fois, j'en ai pour des semaines de réflexion à me poser cette question : "mais que me manque-t-il?". Alors qu'elle, de son côté, c'était "regarde dans la liste" et basta. Facile, facile. Là, j'ai donc insisté pour qu'elle se remue les méninges et me sorte quelque chose de neuf.

 

Et là, elle ne m'a pas déçu. Déjà, quand la pièce était "sortie", j'avais eu droit à "oh, Mamma Mia! J'irais bien le voir!". Moi, ne saisissant pas la balle au bond, "bah vas-y avec une copine".

Depuis deux ans que c'est au théâtre, elle m'a lancé des signaux façon phare dans un océan d'obscurité, mais non, non, le gros mâle primitif que je suis n'a rien voulu voir.

Jusqu'à ce mois dernier où elle m'a enfin dit : "des places pour Mamma Mia!". Là, j'ai compris. Message reçu. Je me mis donc en tête de deux places pour ledit spectacle. Avec possiblement l'espoir secret d'en réchapper, parce que, ainsi que vous l'aurez peut-être deviné, je n'aime pas les comédies musicales. Je HAIS les comédies musicales.

J'aime pas le théâtre, en fait. Au sens large.

 

Pas que je ne respecte pas, mais je n'aime pas. Alors en plus un théâtre dans lequel ça braille joyeusement et de manière totalement absurde, non, je n'aime vraiment pas.

 

Sauf que là, pas possible d'en réchapper. Je sentais que, de manière totalement sous-jacente, ma présence était requise à l'évènement si je tenais à rester en vie, et c'est donc en traînant les pieds (enfin, moi) que nous nous rendîmes à Paris vendredi soir.

 

Paris. Je hais cette ville. Quoi qu'en disent ceux qui l'aiment, Paris est :

- une ville crado (bâtiments noircis de partout, constellations de chewing-gums sur les trottoirs...),

- puante (relents d'urine, de charbon (?!), de trucs qui fouettent à tous les coins de rue et d'autant plus dans les métros),

- remplie de terroristes du klaxon et du volant ( ou du guidon, les scootistes sont dépourvus de cervelle dans cette ville ou quoi?),

et en plus, c'est cher pour y aller (cher en humeur quand tu te tapes les bouchons en bagnole et cher en transports quand tu y vas en train, 24 euros à deux allers-retours, punaise, pour voyager dans un train hors d'âge, ça pique).

 

Et puis, cette sensation quand tu en reviens, t'as l'impression d'être sali sur tout le corps, d'avoir des mains qui ont ramassé tout ce qui traîne sur une barre de métro, bref, tu reviens de Paris en étant vicié. Une bonne douche ne fut pas de trop, fût-elle à une heure du matin quand nous regagnâmes nos peinates.

 

Cela dit, nous arrivâmes sans encombre au Théâtre Mogador pour assister à la pièce. Des ouvreuses ou des placeuses (comment appelle-t-on ces personnes?)? Nenni : un pointeur laser balancé dans les yeux des gens déjà assis pour désigner la place, et roule Raoul. Bah tes deux euros, tu peux t'asseoir dessus.

 

Une fois assis, je m'attends à m'ennuyer grave. Quand la pièce commence, en effet, je crois avoir vu juste. Et puis en fait, même avec toute la mauvaise foi dont je suis capable, je n'ai pas pu m'empêcher de quand même me prendre au jeu, certaines chansons, bien qu'en français, sont étonnamment écoutables et même franchement entraînantes!

Fort heureusement, il y a quand même des moments longs. Bah oui, que je puisse râler quand même un peu.

 

Mais au final, plutôt bonne soirée.

 

Le ronchon en moi n'a pas pas pu s'exprimer de tout son soûl au final, bien qu'il soit requis d'aimer Abba, ce qui est mon cas fort heureusement. Même s'il y a des longueurs, je pense que quiconque adhère de base au principe de la comédie musicale aimera Mamma Mia (je sais, dit comme ça, on a l'impression que je crois avoir découvert un truc que personne ne savait), ruez-vous dessus si vous en êtes. Même moi, MEME MOI, j'ai au final bien aimé. Mais ça, gardez-le pour vous.

Et si vous vous attendiez à ce que je peste contre les chansons en français... J'aurais aimé, en fait. Mais non. Ainsi que l'a souligné ma compagne, ça aurait fait trop bizarre de les voir passer d'une langue à l'autre, d'autant que l'adaptation mérite un coup de chapeau, sacré boulot, compliment qui vous le savez vient d'un intégriste de la VO comme moa.

 

Si un jour je m'étais attendu à dire que j'ai bien aimé une comédie musicale que je suis allé voir (plus ou moins) de mon propre chef... Bah. C'est l'exception qui confirme la règle.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article