Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La boîte à fourbi

Cinoche : Oblivion

21 Avril 2013 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Cinoche & mouviz

Cinoche : Oblivion

C'est le début de la saison, pourrait-on dire, des gros trucs hollywoodiens qui me font sortir de mon antre. Oblivion, qui n'a rien à voir avec le jeu éponyme ("éponyme" n'étant pas le titre du jeu, je tiens à le préciser), m'a fait envie à la première bande-annonce. Qui qui qu'on a dans le casting, dis-donc?
Un petit nouveau qui monte au cinéma, Tom Cruise. Il ira loin, ce petit gars. C'est notre héros pour ce conte pour enfants. Ou pas. Tom incarne ici Jack Harper, avec au passage un truc qui tend à me gonfler de plus en plus dans le cinéma ricain : un peu marre des Joe-Jack-Bill. Je veux bien que l'on soit dans un blockbuster, mais quand même, un peu d'originalité ne ferait pas de mal! Je ne peux que m'imaginer la réunion des scénaristes pour décider du patronyme du héros : "alors en fait on va dire que y'a un gentil et pis y s'appelle Jack paskeu tous les gentils ils s'appellent Jack. Comme ça c'est fait. Et pis comme ma soeur elle a fait deux semaines de harpe en étant petite, eh ben je propose Jack Harper. En avant Guingamp". OK, je ne vois pas non plus un héros s'appeler Jean-Christian de Val d'Ambrée (pardon à ceux qui s'appellent comme ça, et désolé aussi), mais il y a un juste milieu. Au risque de bassiner tout le monde avec Transformers, le héros, c'est certes Sam son prénom, mais Witwicky, ça ne court pas rues. Soit, ça fait pas archétype du héros non plus... Oh, et puis à la fin, j'suis pas scénariste. M'enfin, stop avec les Jack, à la fin... Jake, par contre, j'aime bien (même si ce diminutif est celui de Jacob, qui est un prénom un peu trop en vogue avec la saga Twalette). Passons.

Ensuite, la fort jolie Andrea Riseborough, relativement inconnue (sauf pour ceux qui on vu Shadow Dancer, pas comme moi), mais qui dégage cette impression de "mais où je l'ai déjà vue, elle?!". La James Bond Girl est ici incarnée par Olga Kurylenko, que l'on connaissait justement dans le très mauvais discutable Quantum of Solace. Passons ensuite à Monsieur Morgan Freeman, est-il besoin de le présenter, en bon leader de... De chuuuut, c'est un secret. Et enfin, Jamie Lannister -pardon, Nikolaj Coster-Waldau, encore en second couteau.

On ne nage pas dans les protagonistes, mais c'est justement sur le peu de personnages que repose une grande partie du film. D'ailleurs, de quoi s'agit-il?

Pas de spoil, je vous rassure.

Au début du 21ème siècle, la Terre est prise d'assaut par les Scavengers, des extraterrestres belliqueux qui, bien pensé, détruisent une chose essentielle à la vie sur Terre; attendent ensuite les conséquences de cette destruction avant d'attaquer la Terre à proprement parler. La guerre? Plus personne ne s'en souvient, toujours est-il que l'arme nucléaire a été utilisée de telle sorte que la Terre est inhabitable; l'humanité a migré vers un monde plus accueillant, laissant derrière elle "the Tet" (the Tetrahedron/le Tétrahèdre), pour superviser la récupération des ressources nécessaires à la colonie depuis les décombres de la Terre.
C'est dans ce contexte qu'une équipe de deux personnes assurent l'entretien des installation de recyclage et des drones permettant la chasse aux Scavengers qui, bien que défaits depuis longtemps, se terrent encore dans de nombreuses poches de résistances. Jack Harper est l'opérateur à proprement parler et navigue dans un aéronef des plus sympathiques, pendant que Victoria, sa compagne, guide Jack en fonction des directives issues de Sally, leur propre guide depuis le Tet. Leur mission touche à sa fin, encore quinze jours avant le grand départ de la Terre.

Ce qui frappe, c'est le côté solitaire de l'équipe : l'impression d'une Terre "vide" est palpable. Oh, certes, on sent la menace sous-jacente des "Scavs", mais dans l'ensemble, la vie semble quand même bien morne. Impression renforcée par le côté monotone de la maintenance des machines, en dépit de quelques imprévus. Et puis, ce rêve qui hante Jack, sans doute date-t-il d'avant l'effacement mémoriel. C'est sans doute ce qui m'a le plus dérangé du film : même si Jack fait figure d'élément qui réfléchit un peu trop pour le simple exécutant qu'il est supposé être, tout en ayant assez de matière grise pour être le héros de l'histoire, j'avoue que j'aurais été dérangé par ce regrettable trou de mémoire. Car le problème de l'histoire, c'est que voyez-vous, on ne tombe à aucun moment de son siège (enfin si, une fois, potentiellement, selon que vous ayez déjà une fesse dans le vide ou non). C'est regrettable, et c'est vraiment ce que je reproche à ce film : tous les éléments pour faire un chouette film avec de vrais morceaux d'intrigue dedans étaient réunis, et pourtant on se retrouve devant certes un bon film, mais qui laisse une impression de gâchis.
Surtout que l'ensemble, d'un point de vue plastique, ravit l'oeil : la Terre dévastée, en opposition avec le "nid" totalement post-moderne de l'équipe de surveillance, le contraste est intéressant; les effets spéciaux sont à l'avenant, mais sans en faire trop : ce n'est une débauche de numérique qui est demandée, mais un support à la narration, ce qui est, à mon sens, une franche réussite. Aussi bien les drones que les passages en vol que l'aéronef, c'est du propre, de la qualité. Pour autant, ça ne fait pas rêver, on n'a aucune envie d'aller poser un pied sur cette planète désolée, c'est l'effet voulu.
Passons ensuite à la partie "Rebelz" (mais rebelles à quoi, ça, je ne vous l'dirai pas!) de M. Freeman. Le bon Morgan a été choisi pour ce rôle de leader et il le fait bien. Mais quel dommage que, là encore, il ait été choisi de le faire passer tellement en retrait de l'histoire! Traditionnellement, les personnages incarnés par M. Freeman respirent le lourd vécu, le bonhomme qui en sait autrement plus que ce que son apparence laisse suggérer, le vétéran, la force tranquille, bref, le Freeman, c'est le charisme, avec un K majusKule.
Là, ouaaaais, okaaaay, il y a du charisme. Mais quelque chose dans son personnage sent l'ajout moche, un genre de truc rajouté à la dernière minute, ou alors - et ce serait plus raccord avec mon sentiment général sur le film - une idée pas assez exploitée. J'ignore combien le monsieur a touché de cachet, mais vu l'importance toute relative de son personnage, j'espère que c'était pas non plus outrancier. M'est avis.

Passons à l'histoire et à son rythme. Si le scénar en tant que tel est honorable, avec une intrigue trop légère quand on voit ce qui a été déployé pour faire un rendu aussi bien fichu partout ailleurs, le rythme est trop lent pour que je puisse le qualifier de "bon" comme j'ai pu le faire pour d'autres films. Certes, l'ambiance en dépend - comment voulez-vous rendre un univers morne si ça bouge tout le temps - mais arrive un moment, quand l'intrigue a été dévoilée, c'est là qu'il faut passer la seconde, on appuie sur le champi et zou! Bon, des fois, ça peut être très long avant que ce décollage n'arrive. Là, au risque de vous spoiler, ça n'arrive pas. Nenni. Que tchi. Walou. Jusqu'à la fin, j'y ai cru! Mais non. C'est long. Vous voilà prévenus.

Enfin, dernier point : miss Kurylenko, pourriez-vous faire en sorte que votre personnage déjà pas mis en valeur ajoute quelque chose? Ce qui est dommage, c'est que le personnage de Vika, la collègue de Jack, est plus intéressante que celle qui est justement supposée être la James Bond Girl de Jack : plus froide, plus énigmatique, elle en impose autrement plus que Miss Kurylenko. Là encore, il est question de potentialité : ce qui est énigmatique se retrouve de toute façon inexploité. Attention, je reproche parfois le contraire, à savoir qu'on nous dévoile tout de manière tellement ridicule qu'on dirait que les scénaristes nous prennent pour des neuneus : "ALORS QU'EN FAIT C'ETAIT CA TU VOIS? TU VOIS?? PARCE QUE C'EST PAS JUSTE SA FEMME C'EST SON PAPA AUSSI!" (cette situation est fictive et assez difficile à appréhender, hein, mais c'est histoire d'illustrer mon propos. OK, c'est pas gagné-gagné, j'avoue.). Le mystère, c'est comme tout : à juste dose! Là, c'est donc l'inverse : si c'était voulu mystérieux, on a l'impression que c'est juste totalement passé à la trappe. Dommage, encore une fois.

Alors, que penser de ce film? C'est vrai qu'à la lumière de ce que j'en dis, ça ne fait pas super envie. Et pourtant, je vous encourage à aller le voir, rien que pour l'univers qui, personnellement, m'a plu. Et après en avoir parlé avec un pote qui lui, est nettement moins diplomate que moi, et a juste copieusement conchié les prestations jointes de Tom Cruise et de Miss Kurylenko (genre : point barre), je m'attendais à ce qu'il me dise une conclusion élaborée façon "enfin bref, c'est un bon film de merde", même lui l'a trouvé moyen-bon.

En conclusion : je ne regrette pas de l'avoir vu, maaaaais il y aurait tellement eu davantage à tirer d'un tel univers que c'est réellement dommage d'être passé à côté d'une authentique tuerie cinématographique. Un film moyen, à voir surtout pour sa plastique (bien qu'elle soit loin d'égaler celle de Tron ou de 300) et son univers intéressant.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article