Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La boîte à fourbi

Cinoche : Pacific Rim

31 Juillet 2013 , Rédigé par Shinkel

Ne fuyez pas, je sais : entre les séries à mater sur le net et le cinoche, en plus des quelques tutoriels, il n'y a pas grand-chose d'autre comme contenu à ce blog... Je saaaaais, mais décidément, ce n'est pas évident de trouver des choses à dire et des sujets à aborder. C'est la raison pour laquelle, tiens, si on parlait de cinéma?

Cinoche : Pacific Rim

Gros blockbuster de l'été par excellence, Pacific Rim m'a filé le tricotin (roh, ne soyez donc pas choqués, on se connaît, maintenant!) dès la première bande-annonce (excellent calembour, d'ailleurs). Des méchas géants, des monstres tout aussi immenses, moi, je vais au cinéma pour voir EXACTEMENT CA.

Comment? C'est signé de Gillermo Del Toro, monsieur Labyrinthe de Pan et Hellboy? Wah! On va avoir un scénar dedans alors?! Joie! Et en plus, y'a plusieurs séances en VO, pas qu'une misérable à 22h? Mais c'est Byzance! Bon, c'est en 3D, mini-crotte quand même, mais s'pas grave, en avant les billets.

Qui qu'on a donc au castingue? Surprise : à part le héros, que je ne connaissais pas puisqu'issu de la série Sons of Anarchy, aucun protagoniste ne m'a sonné de cloche (j'aime les traductions littérales de la langue de Secoue-Lance). Rien, que tchi. Wabon. Un blockbuster sans têtes connues, ça fait drôle, mais bon, pourquoi pas. Avantage, ma rébarbative rubrique casting devient du coup bien plus courte. Ah si, j'oubliais un acteur que j'aime bien, en partie par sa diction et sa "gueule" : Burn Gorman de la série Torchwood.

Alors alors, que vaut ce film?

Déjà, sachez qu'en tant qu'amateur de blockbusters régressifs (merci DeadWatts pour ce mot que je trouve totalement adapté), plus le temps passe et plus je deviens critique sur ce type de cinoche. Mon parangon en la matière, mon maître-étalon nourri à l'avoine de l'espace, c'est Transformers, le premier. Le deux est à oublier et le trois est passable.

J'ai été déjà fort surpris par le peu de parallèles établis entre Pacific Rim et Transformers, la plupart des gens préférant voir un truc foncièrement nouveau puisque nettement inspiré des séries de mécha japonais, le mythique Evangelion en tête.
Dans la tête d'une trop grande majorité de gens, Transformers, c'est de la merde en barre, le blockbuster néanderthalien à base de pif-paf à l'échelle immeuble. De fait, ces gens passent à côté d'un truc qui, je trouve, tient du génie, à savoir l'ensemble totalement second degré des protagonistes, tous plus à l'ouest les uns que les autres. Et quelle ne fut donc pas ma surprise de constater que fort peu de personnes ont pu apprécier cette approche n'importe-quoitesque, qui pourtant permet d'embellir quoiqu'on en dise un blockbuster qui, par essence, ne dispose que d'un scénario tenant sur un confetti.

De facto, je ne m'attendais pas à un déballage d'humour dans Pacific Rim, mais vu qu'il s'agissait du Guillermo des familles, à un vrai scénar, du coup. Vous sentez le coup venir? Eh bah non. Non, pas de scénario, messieurs-dames, passez votre chemingue. Ici, on parle de mécha super bien faits dans des bastons super bien faites (j'y reviendrai), et puiiiiis... C'est tout.

Oui, c'est tout : les personnages sont tous plus creux les uns que les autres, le héros est d'une fadeur invraisemblable, qui ne prend même pas la peine de rentrer dans un quelconque cliché (enfin, sorti du "beau-gosse-musclé-mais-gentil-voire-effacé-et-surtout-pas-imbu-de-lui-même"), le général au grand coeur sous ses dehors rudes, l'outsider rangée au placard mais impossible à manquer et qui sera le sidekick obligatoire qu'on tarde à mettre en place sous couvert de pseudo-profondeur de persos, le némésis du héros en opposition avec son pôpa mais qui est pas si méchant que ça. Vous trouvez que je résume les personnages un peu vite? Et pourtant... Tapez dessus, vous verrez, ça sonne creux.

Alors, les méchas, ils rattrapent le coup alors?! Les jaegers, ces robots dans lesquels il est nécessaire de rentrer à deux pour les piloter, sont un concept intéressant dans la mesure où l'union entre les deux pilotes doit être parfaite. Elle s'opère par le drift, ou dérive en français, et représente le seul concept un peu intéressant du film. Les jaegers à proprement parler sont superbement modélisés. On n'est pas dans un niveau de détail de Transformers, mais dans le gigantisme et la lourdeur de la force nécessaire pour lutter contre l'envahisseur, les kaïjus. Pourquoi mêler l'allemand au japonais, ça, c'est une bonne question, mais tout le monde semble s'en ficher. Bon.

Alors, c'est gros, c'est massif, toute la puissance que serait un "véritable" robot si on en créait effectivement un est parfaitement retranscrite. C'est, ainsi que j'en ai discuté de ci-de là, ce qui tranche le plus avec Transformers : le côté "réaliste" de ces robots, vraiment propre à Pacific Rim.
On pourrait croire à une bonne chose et c'est justement ce qui plaît à ceux qui ont encensé le film. Moi, je trouve que ça en dessert la dynamique : les combats sont louuuuurds, leeeents, le moindre coup de poing, si sa puissance est donc redoutablement mise en avant, prend une éternité, ce que je reproche le plus. Ce que j'aurais préféré, à la limite, c'est la bonne recette Michael Bay : des combats dynamiques au détriment du réalisme - après tout, c'est peut-être là le vrai but d'un blockbuster comme celui-là - et appuyer l'impression de puissance par un ralenti, et hop-là, on aurait eu un truc qui tenait, à mon sens, davantage le pavé. Et dommage, aussi, que les combats, bien que plus lents, ne soient guère plus clairs, un défaut que je reproche à Transformers : c'est lent, mais arrive quand même à être brouillon. Gné?!

Autre chose qui m'a dérangé : dans n'importe quel blockbuster de cet acabit, on a toujours droit à la phase que je considère comme ma préférée, à savoir "l'apprentissage" : un don / une arme / un talent est créé et le héros apprend à s'en servir. Spider-man, Wolverine dans Origins (même si cette phase est courte), même à leur façon Transformers, le contexte est posé et la "puissance" exploitée plus avant dans le film détaillée, apprivoisée. Là, tout est expliqué dans les 5 minutes du début du film, et j'ai trouvé ça fortement dérangeant. Je veux dire, pas besoin de passer trois quarts d'heure dessus, mais là, c'est vraiment trop court. Alors oui, on pourrait avancer que c'est pour aller à l'essentiel plus rapidement, ce que je croyais moi-même : "ah bon, on zappe déjà toute la phase explicative? Woooh, ça va poutrer grave direct alors!". Eeeeh bah non. Certes, baston, introduction rapide du héros et de son frangin, combat. Voilà le début du film, quinze minutes au chrono. Rapide comme intro, mais pourquoi pas.

Et après... Après, on doit finir les deux heures et demie de film. Que de longueurs! Cousu de fil blanc, avec donc des personnages fades, heureusement que les bastons ponctuent le film assez régulièrement, et que les deux seconds couteaux que sont les scientifiques Gottlieb et Newton apportent une touche d'humour et font avancer l' "intrigue" (j'insiste sur les guillemets) sans casser le rythme général, un exploit.

Mention spéciale aux kaijus fort bien rendus et dégoûtants à souhait, ainsi qu'aux types de jaegers qui, s'ils ne courent pas les rues, sont animés avec des styles propres.

Alors, au final, mauvais film? Disons que j'ai été déçu, sans doute parce que j'en attendais trop. Certes, la claque visuelle est là, et bien là. Mais j'en attendais sans doute davantage, que ce soit au niveau de la raison même du film, les bastons jaegers/kaijus, ou de l'histoire à défaut d'avoir un humour omniprésent au second plan comme Transformers.
Donc, si vous voulez aller voir un truc ultra-plat avec une claque visuelle, foncez, ça vaut le détour, d'autant que la 3D ne ruine pas tout, pour une fois. Si vous vous attendez à plus, fuyez : autant attendre la sortie en DVD/Blu-Ray/tu vois ce que je veux dire. Ca vaut à peine ses 6 euros 50 la place, mais c'est pas franchement un nave
t.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article