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La boîte à fourbi

Opinions non fondées et réseaux sociaux

19 Août 2013 , Rédigé par Shinkel Publié dans #Réseaux sociaux, #Coups de gueule, #polémiques, #Peublik Reulaysheunz

Sans être vraiment un coup de gueule (quoique... Allez, si, en fait.), je comptais vous entretenir de quelques petites choses qui me font de plus en plus grincer des dents sur les réseaux sociaux que sont Facebook et Twitter. Pas tant, à vrai dire, sur les réseaux en eux-mêmes (seul un idiot se plaint que Facebook viole sa vie privée, en t'y inscrivant mon coco, tu lui as foutu un couteau sous la gorge, à ta vie privée), mais plus sur des habitudes que je considère comme étant crispantes.
Mais bon, vous le savez déjà, je trouve toute une palanquée de choses crispantes et ces opinions ne regardent que moi, j'entends déjà les haros indignés, mais après tout, Internet étant un espace d'expression des opinions, à plus forte raison sur mon propre blog, allez, je me lance.


Twitter/Facebook

Comme vous le savez peut-être déjà, j'ai quelques difficultés avec Twitter. C'est un réseau social dont le fonctionnement en lui-même implique, de mon point de vue, un narcissisme nettement plus marqué que Facebook, pour la bonne et simple raison qu'il n'est absolument pas requis de lier un contact à double sens avec une personne. Je sais, ça fait partie du principe de base, mais autant je le comprends pour une personne connue - quand on a plusieurs dizaines de milliers de followers, heureusement qu'il n'est pas nécéssaire de devoir subir toute leur vie sur notre propre timeline. Ceci étant dit, les pages people Facebook permettent de donner des nouvelles sans suivre nous-même. Mais bon.
Bien qu'égoïste, disons donc que je saisis l'intérêt.
Par contre, ramené à l'échelle de l'individu lambda, j'ai un peu de mal à saisir l'intérêt par rapport à Facebook, par exemple. Je veux dire, quitte à envoyer des trucs, autant avoir plus de place pour le faire; quoiqu'en disent les aristos du tweet, 140 caractères, c'est PEU. Heureusement que mon téléphone fait de lui-même les chaînes de SMS, sinon je me tirerais une balle si je devais envoyer message par message.
Bien que ce soit donc le principe de base, je ne comprends pas l'intérêt de limiter volontairement le nombre de caractères. Même sur Facebook, après tout, il est rare de voir des gens abuser du nombre de caractères impartis, sorti des blaireaux de base qui copient/collent des pavés de connerie, en général, cette absence de limitation sert plutôt le contexte et l'information en tant que telle, là où, pour avoir un contexte total, sur Twitter, soit il faut lier à la mano ses tweets avec des hashtags genre #TweetPrécédent, soit tout faire passer par un lien hypertexte.
Et même ça, autant le faire sur Facebook, ça marche aussi bien, non?
Somme toute, je considère Twitter d'un oeil sceptique, à peine bon à spammer des platitudes du genre "salut les gens" ou "j'ai bien mangé, miam miam", chose que j'ai bien plus souvent entendues reprochées à... Facebook. Hem.
Ensuite, le suivi des conversations est à mon sens bien plus pénible sur Twitter. La mise en page est identique pour des tweets de réponse que des tweets de départ de conversation, et pour peu que quelqu'un réagisse en retard dans une conversation, tout se décale et rend l'ensemble encore plus brouillon, là où FB est à mon sens nettement plus lisible.

J'aimerais bien qu'un accro à Twitter m'explique l'intérêt profond de celui-ci. Je dois louper un truc, parce que vraiment, à part se compliquer la communication, je n'en vois pas l'intérêt.
Allez, en faisant un effort, j'en vois un : la protection de l'anonymat. Mais dans ce cas, autant passer par un pseudonyme même sur Facebook, d'autant que je vois beaucoup de personnes "publiques" poster sur un profil "public" et cela n'impacte pas leur page "perso", non?

Mais à part ça, bah non. Mais ça doit venir de moi, hein, sans ironie aucune. Du coup, j'aimerais juste bien comprendre.

Vu de ma fenêtre, ces contraintes de la communication ont par contre des effets quelque peu inattendues. En effet, avec dans le monde plus d'un milliard d'utilisateurs Facebook et environ 5 fois moins sur Twitter, on peut considérer que Twitter est un réseau "de niche", ne serait que pour ce que j'ai évoqué ci-dessus.
De facto, il m'a semblé remarquer des catégories d'utilisateurs qui se considèrent de toute évidence "au-dessus du lot" parce qu'ils utilisent Twitter. Pourtant, ceux que j'appellerais Twitter-power-users (TPU, plus facile à écrire) disent-ils des trucs plus intéressants? Le niveau du débat, s'il y en a un, est-il vraiment plus élevé? Pour avoir suivi quelques-uns de ces TPU acharnés, j'ai vite déchanté : cinq à dix tweets par heure pour une seule personne, c'est GONFLANT. Oui, parce qu'en général, on suit plusieurs personnes et pour peu que ces autres personnes soient eux aussi des TPU, on a droit à dix tweets par minute, c'est totalement ingérable (ou alors, je ne sais pas comment m'y prendre) surtout si, comme moi et mes quelques amis qui résistons sur Twitter vaille que vaille (si si, j'y suis toujours!), vous ne vous rendez qu'une ou deux fois par jour sur le site, voire une ou deux fois par semaine.
Il en faut, du coup, très peu pour transformer ce réseau social en activité à plein temps. J'ai là encore beaucoup de mal à me projeter dans une situation où je suis, mettons, 10 TPU et j'arrive à tout suivre. Clairement, je ne fais plus rien de mes journées. Là où j'arrive par contre à suivre pépère 300 personnes sur Facebook. Soit, les utilisateurs ne sont pas les mêmes. Mais même ramené à 100 personnes actives, ça reste totalement lisible. Sans doute parce que ceux que l'on accuse de spammer des inepties grand public ne le font pas tant que ça (en tout cas, pas dans mes contacts, moyenne d'âge 30 ans). Et d'un seul coup d'oeil, je discrimine tout de suite ce qui m'intéresse (une vidéo rigolote avec une miniature et un lien au nom explicite) de ce qui ne m'intéresse pas (la maman qui poste pour la huitième fois ce mois-ci des photos de son bambin). La discrimination est nettement plus fastidieuse sur Twitter : pas de miniatures, liens tronqués, il faut cliquer pour savoir.
Certes, certains TPU classifient leurs tweets à l'aide de hashtags, mais il faut tout de même lire (eh oui!), là où un coup d'oeil est suffisant, là encore, sur Facebook.
Et bien que classé, tout cela ne désemplit pas pour autant la timeline, ce que vous voyez sur "l'accueil".

Fort de tout cela, je n'ai donc pas de mal à taxer de "spam" ce déballage d'informations continu, car le couvert d'un réseau social "minoritaire" ne m'explique pas la nécessité de twitter dix fois en une heure. D'ailleurs, je préfère suivre quelqu'un qui tweete pépère une à deux fois par jour qu'un monopoliseur de timeline qui me fait fuir à coup sûr.

Bref, je ne comprends rien à Twitter.


Instagram

Longtemps associé à Twitter avant que Facebook ne l'achète, je considère Instagram comme une application incroyablement beauf, limite le comble de la beaufitude.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s'agit d'une appli Web permettant d'appliquer des filtres sur des photos pour leur donner un aspect différent, genre vintage et compagnie. Le photoshop du pauvre, en quelque sorte, mais plus que pauvre, le photoshop du beauf'. Un peu comme la cohorte d'iPhonistes qui se considèrent geeks parce qu'ils ont un smartphone (à toi qui pense cela, reviens me voir quand tu auras fait au moins une installation de serveur SSH sur ton iBidule pour passer un proxy, là, j'admettrais que tu as mis les mains dans le cambouis ad minima), n'importe quelle personne lambda se considère un photographe accompli lorsqu'elle poste fièrement un truc avec un filtre laid sur Instagram.
Mauvais cadrage, sujet flou, exposition pourrie, grain d'image, aberrations chromatiques, aucune gestion de la profondeur de champ : Instagram permet aux souillures issues des capteurs anémiques du moindre téléphone de passer pour super tendance grâce à ses filtres dégueulasses, c'est pas génial? La grande technique bien connue du "it's not a bug, sir, it's a FEATURE". Ou comment transformer un cliché affligeant en summum de la hype.

Je ne saurais trop expliquer ma haine de ce truc, n'étant pas moi-même photographe. Pour autant, Instagram me semble le paroxysme de la négation de l'échec : "je suis infoutu de prendre une photo normale qui ait un quelconque intérêt, mais avec Instagram, la population de base des réseaux sociaux la trouvera belle, donc le problème ne vient pas de moi, il vient de l'appareil!". Vas-y donc que je te poste des plages toutes plus quelconques les unes que les autres, des bagnoles avec une prise de vue aux angles aberrants, des petits animaux hautement inintéressants : oui, je transpire la haine, mais je reconnais, MOI, bien volontiers ne pas être un bon photographe. Mais nier sa propre incompétence en la noyant dans une masse de médiocrité, non, je ne cautionne pas.
Oh, sans doute que certains photographes pro peuvent arriver à donner plus de cachet avec un filtre Instagram, malheureusement, le légendaire "filtre vintage" n'a jamais rien trouvé de mieux à faire à mes yeux que de dégrader une image.
Et combien de personnes se gargarisent sur des clichés mauvais? On se croirait dans ue galerie d'art moderne : "Comment? Un tableau tout bleu? Non, Monsieur, c'est un 'monochrome'. C'est 15 000 euros". Ou comment justifier la nullité en évoquant le pourtant célèbre déguisement de l'art. Tout comme le monde de la Hi-Fi, c'est immensément plus souvent passage de pommade dans tous les sens que véritable valeur ajoutée. Du tritouillage de nouille en bonne et due forme, quoi. Oui, j'suis tout haineux, là.


Hashtags

Parmi les parangons de la "coolitude du ouèbe", le hastag s'est taillé depuis quelques années la part du lion. Partie intégrante du système de Twitter, il consiste à apposer une dièse avant un mot, qui fait de lui un mot-clef. Le principe est loin d'être idiot : il permet de référencer des sujets de conversations assez simplement, et d'indiquer un contexte dans un tweet à partir d'autres sur, donc, le même sujet. Ce qui s'appelle si j'ai bien saisi le "trending", donc le lancement de tendances de sujets de discussion.
Bien que là encore, je trouve le principe de "discussion" totalement biaisé par le peu de caractères disponibles sur Twitter et sa lisibilité, disons que j'en comprends, une fois n'est pas coutume, le principe.

Alors, pourquoi ça me dérange, hum?

L'histoire de référencement en question, en fait. Et ses dérives. Dérives surtout parce que j'ai plusieurs fois vu #des #tweets #avec #un #putain #de #hashtag #à #chaque #mot. Personnellement et dans mon optique obtuse, c'est ce que j'appelle faire son "attention whore" : en référençant n'importe quel mot, on maximise les chances d'apparaître dans nombre de sujets de discussions différentes, même si ce n'est que du vide.
Un peu comme ceux qui aiment leur propre statut Facebook (attitude qui me dépasse totalement, revenant là encore selon moi à se lécher ses propres couilles - c'est vulgaire, mais le sens est compris de tout le monde), le hashtag abusif revient à hurler "SUIVEZ MOAAAA JE SUIS INTERESSAAAAANT!!!!". Et ça me gonfle, m'voyez.

Pire encore : ceux qui s'amusent à traduire un hashtag dans plusieurs langues. Comme des affligemment banales photos de chat tagguées quinze fois #chaton #chat #kitten #cat #mignon #cute #awww. Tout pareil : outre le côté affligeant du sujet (il n'y a que vous et vos poissons-pilotes décérébrés qui vont trouver votre putain de greffier mignon tout plein, pour les autres, ce sera "un beau chat" à la rigueur et basta - j'ai un chat, donc je suis inattaquable, hop perché), on maximise les chances que votre MIMIIIIII PETIT CHAAAAAT soit vu de plein de monde. Et ça aussi, ça me déclenche des commotions (au sens psychique du terme) à répétition : je ne parviens juste pas à comprendre l'intérêt autre que le nombrilisme le plus primaire, ce qui en renforce le côté indéfendable.

Cerise sur le gâteau, depuis le rachat par d'Instagram, ces joies des abus du hashtag débarquent sur facebook, avec rigoureusement les mêmes tares! Youpi!

Je disais au début de mon article "sans être vraiment un coup de gueule"? Bah, oubliez : j'ai encore ragé à plein tubes. Des bisous.

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