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La boîte à fourbi

Tutoriel : comprendre et encoder des vidéos pour votre appareil mobile

Avé, amis mobiles!

 

Aujourd'hui, nous allons voir comment faire en sorte d'encoder de la manière la plus optimale possible des vidéos pour votre appareil mobile (aussi bien smartphone que tablette ou encore lecteur vidéo quelconque).

 

Avant de commencer, sachez que j'utilise au long de ce tuto le logiciel Total Video Converter 3.70, qui se trouve être payant, mais il existe une pleiade d'outils similaires et possiblement gratuits; mais il paraît que certains sites permettent de trouver beaucoup de choses...

Par ailleurs, l'objet même de ce tutoriel s'affranchit de l'outil, il est davantage question de méthode. Mais passons.

 

Notez que ce guide n'a d'intérêt que si vous êtes en butte à un lecteur vidéo récalcitrant, qui refuse de lire des vidéos que votre PC lit parfaitement : format incompatible, vidéo trop lourde à traiter... Si vous n'avez pas déjà testé de transférer simplement une vidéo pour la lire telle quelle sur votre téléphone (mais dans ce cas, je ne vois pas bien ce que vous faites là... ;-) ), je vous encourage à le faire!

 

 

1- Avant-propos

 

Si, tout comme moi, vous avez besoin d'avoir des vidéos à portée dans des endroits où une installation vidéo en bonne et dûe forme n'est pas envisageable (comme dans une salle de sport, en pleine séance de cardio par exemple!), il est quand même bien pratique de faire usage d'un appareil mobile, d'autant que ceux-ci se sont remarquablement développés ces dernières années.

Le présent tutoriel va vous apprendre à convertir une vidéo faite à la base pour être lue sur un PC avec une puissance donnée afin de la rendre lisible de manière optimale sur un appareil dont la puissance est bien moindre.

Ceci étant dit, n'attendez pas de miracles non plus : si votre smartphone est trop limite, il n'y a pas grand-chose à faire, mais l'avantage, c'est qu'au moins, avec ce tutoriel, vous en aurez le coeur net ;)

 

 

2- Les codecs

 

Le codec, ou codeur/décodeur, est en quelque sorte la "manière" employée pour coder la vidéo. S'il existe des standards, tous les appareils ne peuvent pas les lire et dans un premier temps, vous allez soit devoir vous renseigner sur les codecs supportés par votre téléphone, soit progresser à tâtons jusqu'à ce que vous trouviez finalement celui qui est lu par votre téléphone.

 

En pratique, le codec MP4 est largement supporté par la majorité des smartphones, il est donc bon de commencer par là.

Existent aussi et largement répandus les codecs DivX et XviD, et nous avons là le triumvirat des codecs plus probablement supportés par n'importe quel appareil.

 

Pourquoi plusieurs codecs existent?

En fait, tous ont leurs adorateurs et leurs détracteurs, les intégristes de la vidéo trouvant des différences entre chacun d'entre eux. En pratique et pour le commun des mortels, la différence est tellement minime qu'elle en serait même invisible au niveau du rendu à l'écran; ceci étant d'autant plus vrai dans notre cas que nous allons encoder pour un écran de quelques centimètres de diagonale seulement, pas la peine de sortir des codecs comme le H.264, qui est très réputé dans la vidéo plein écran de salon!

Car c'est en fait sur les hautes définitions qu'il devient possible de constater les différences entre les différents codecs, fort heureusement, cela ne nous concerne pas dans le cas présent :p

 

Peut se poser ensuite une problématique concernant la taille des fichiers encodés, mais l'heure n'est plus trop à la question, vu la taille des cartes de stockage de maintenant.

 

 

3- Un peu de théorie

 

Il n'y a pas de miracle : la vidéo qui sera lue sur votre appareil mobile sera un savant compromis vraisemblablement dépendant de votre modèle, un réglage pour un appareil n'ira pas à un autre.

Nous allons influer sur 3 paramètres principaux : la définition, le bitrate vidéo et le bitrate audio.

 

3-1 : Bitrate audio

 

Commençons par le plus simple : le bitrate audio. Se prononce "bite-raïte" et pas "bite-rate", merci. Il s'agit du débit audio, donc de la quantité de données purement audio par seconde. Explications.

 

Si vous avez déjà encodé vos propres MP3, vous savez que cette valeur, plus elle est élevée et meilleure sera la qualité du son. En fait, et dit simplement, il s'agit des nuances de sons qui seront restituées lors de la lecture.

Si cette valeur est trop basse, des nuances de son (comme par exemple une voix) ne seront pas correctement restituées et dans la pratique, on entendra un tintement métallique dans la voix, c'est passablement pénible.

 

Alors me direz-vous, pourquoi ne pas prendre direct le bitrate le plus élevé?

 

Deux raisons : 1) la piste audio prendra beaucoup plus de place et 2) le flux audio sera plus lourd à décoder.

Ce second point est crucial : dans un contexte où nous cherchons à économiser des ressources déjà limitées (un appareil mobile étant nettement moins puissant qu'un ordinateur de bureau), il faut rogner sur tous les fronts avant d'envisager une montée en qualité.

De plus, il n'est pas dit que la source (la vidéo avant qu'elle soit encodée pour votre appareil) soit à 320kbps (c'est même très rarement le cas), cela reviendrait à gonfler la piste audio pour rien, puisque la vidéo en sortie ne sera jamais meilleure que sa source (on encode, on ne fait pas de l'amélioration audio)! N'imaginez donc pas qu'encoder un flux audio en 320kbps alors qu'il était de base en 128kbps le rendra meilleur, vous ne ferez que gâcher des ressources en décodage inutile.

 

La bonne moyenne en termes de bitrate audio pour commencer est 128kbps. Dans un cadre bruyant, vous n'entendrez a priori pas de différence avec un bitrate plus élevé tout en évitant les coupes trop franches dans les nuances de son : c'est le compromis de base.

 

 

3-2 : Définition de l'image

 

Passons ensuite à la définition de la vidéo.

 

La définition de la vidéo est sa taille en pixels, largeur x hauteur. La "norme" Full HD, par exemple, aussi connue comme 1080p (ou i) correspond à une définition de 1920 pixels de large par 1080 de haut.

Même si cette valeur tend à progresser, elle ne correspond quasiment jamais à une vidéo "quelconque". A titre de comparaison, la vénérable PlayStation première du nom avait une définition d'image de 320x240...

 

Note : ne mélangez pas résolution et définition! La résolution est la densité de l'image qui se mesure en dpi (en anglais dots per inch) ou en ppp (points par pouce), et représente comme l'unité le précise le nombre de points (pixels) par unité de mesure. Par voie de conséquence, un écran de 10 pouces en 1920x1080 aura une résolution bien supérieure à celle d'un écran de 46 pouces en 1920x1080, puisque le même nombre de pixels sera affiché sur une surface plus restreinte.

 

Ce qui va nous intéresser ici, c'est la définition de votre écran. Et ça, c'est propre à chaque appareil, vous devrez vous renseigner sur Internet pour savoir.

 

Mais voici quelques définitions d'appareils connus (en mode paysage, donc téléphone tenu horizontalement) :

- iPhone 3G et 3GS : 480x320 (r=1.5)

- iPhone 4 et 4S : 960x640 (r=1.5)

- HTC Desire, Desire HD et HD2: 800x480 (r=1.6)

- Samsung Galaxy Ace : 480x320 (r=1.5)

- Samsung Galaxy S et S2: 800x480 (r=1.6)

- BlackBerry Bold 9900 : 640x480 (r=1.3)

 

Le chiffre entre parenthèses est le ratio largeur/hauteur : chiffre important puisqu'il permettra de déduire la hauteur ou la largeur à partir de l'autre valeur en cas de définition personnalisée (nous y reviendrons).

 

La définition, en théorie toujours, représente le nombre de pixels de la vidéo et donc la finesse de l'image : plus il y a de points et plus précise sera l'image. Malheureusement, là encore il ne sert à rien de voir trop grand : votre écran de téléphone ne pourra jamais afficher davantage de points que sa définition native. En clair, inutile d'essayer de faire s'afficher du 1920x1080 sur un écran dont la définition est 800x480.

Et pourtant, ça peut fonctionner! Grâce au miracle du downscale (réduire la taille de la vidéo à une définition que l'écran peut afficher, quitte à perdre de nombreux pixels dans la bataille). L'avantage, c'est que la vidéo rendra bien sur un grand écran de salon ET sur votre appareil, puisque la définition native de la vidéo ne sera pas changée, le téléphone se chargeant de l'adaptation.

Où est le problème, alors? Là encore, c'est une question de ressources : le downscale, puisqu'il sera appliqué pendant la lecture, consommera encore de la puissance au lecteur. Dans la pratique, cela pourra se traduire par d'importantes saccades de l'image, limite diaporama. Il est donc bien plus judicieux d'adapter la vidéo à la définition native de l'écran sur lequel elle sera lue (surtout si le downscale est mal géré par le lecteur vidéo; il sera a fortiori plus propre s'il est fait par un codec!).

 

Dans certains cas de lecteurs vraiment limite, il leur est au mieux difficile, sinon impossible d'afficher des vidéos dans leur définition native en respectant le débit d'images par seconde (25 généralement). C'est ce qui peut arriver sur des systèmes multitâches d'entrée de gamme (ou aussi sur des appareils hors de prix, genre tablettes...Et ça, c'est honteux!).

Il faudra donc faire appel au pendant du downscale, mais pour les définitions inférieures à la définition native du lecteur : l'upscale.

A la différence du downscale, qui se retrouve à écrémer les pixels pour faire rentrer une image trop grande dans une définition inférieure, l'upscale "agrandit" l'image en remplissant les pixels "vides" de l'écran en en dédoublant certains de la vidéo. C'est un traitement nettement moins lourd que le downscale et même que la résolution standard puisqu'au final, il y a moins de pixels à traiter par le décodeur. En d'autres termes, niveau économie de ressources, c'est tout bénef's.

Le souci, puisqu'il y en a un, c'est qu'à trop upscaler une vidéo, elle en devient floue : normal, puisque le processus fait du remplissage en copiant certains pixels existants, on perd donc en précision sur l'image. Sans compter que l'upscale est un processus complexe bien que léger : si vous imaginez bien ce qui se passe sur un ratio définition vidéo/définition écran de 2 (la vidéo est deux fois plus petite que l'écran, donc on copie un pixel sur deux et en avant Guingamp), quid d'un ratio genre 0,3? Ou 0,7?

Les pixels de remplissage se retrouvent balladés un peu partout et le rendu peut s'en ressentir avec une impression de flottement de l'image.

Au final, il vaut mieux essayer de se rapprocher le plus possible de la définition native de l'écran de votre lecteur en minimisant l'upscale. Et pour cela, il faut tester!

 

Mais avant cela, voyons le dernier paramètre que nous allons trifouiller lors de l'encodage, le bitrate vidéo.

 

 

3-3 : Bitrate vidéo

 

A l'instar du bitrate audio, le bitrate vidéo représente la quantité de données purement vidéo que doit traiter le lecteur. D'une manière générale, plus cette valeur est élevée et plus l'image sera nette. Mais, eh oui, il faut encore nuancer...

 

Le bitrate vidéo est à corréler avec la définition de l'image : plus celle-ci est grande et plus, logiquement, il y a aura de pixels à traiter. Donc, plus le débit d'informations vidéo devra être important, puisqu'on a plus de pixels à renseigner.

Seul souci : plus le bitrate est important et plus le décodage de la vidéo consommera de ressources au lecteur; là encore, cela pourra se traduire par des saccades de la vidéo.

A l'inverse, un bitrate trop faible entraînera la création d'artefacts. Regardez par exemple  >sur cette page<, les deux photos de fleurs blanches à droite : celle du bas présente de nombreux artefacts. Certains codecs s'en tirent mieux que d'autres quant à la création de ces artefacts lorsqu'un bitrate est insuffisant, mais vous voyez concrètement ce qui peut arriver.

 

Alors, quelle valeur de bitrate choisir?

 

Je ne suis pas un mathématicien, et bien qu'il soit possible de calculer j'imagine simplement le bitrate idéal d'une vidéo en fonction de sa définition et de son codec, je préfère y aller à tâtons et ajuster en fonction de ma source vidéo. Et, je le rappelle, la puissance de votre appareil de lecture vidéo influencera énormément le bitrate qu'il peut accepter!

 

 

 

4- Et maintenant, la pratique avec Total Video Converter!

 

Nous allons maintenant voir le déroulement d'une séquence d'encodage.

Je vous suggère de récupérer une vidéo quelconque de quelques minutes seulement, car vous aurez sans doutes quelques essais à faire avant de trouver les paramètres qui vous sont propres. Pour cela, vous pouvez par exemple suivre  >ce tutoriel animé< pour découper un morceau de vidéo avec Virtual Dub.

 

Une fois installé Total Video Converter, lancez-le.

 

- Cliquez sur Nouv. tâche et choisissiez le morceau de vidéo sur lequel vous souhaitez faire vos tests, ou bien la vidéo définitive si vous avez déjà tous vos réglages en tête.

 

- Dans la fenêtre qui s'ouvre, vous pouvez choisir le type de lecteur vidéo pour lequel vous souhaitez encoder votre vidéo. Ce tutoriel n'aurait aucun sens si l'on choisissait un des types prédéfinis, nous allons donc laissé coché Décoder seulement avec un décodeur interne, et aller dans l'onglet Video file .

 

- Si vous savez déjà quel codec vous souhaitez utiliser, sélectionnez-le, sinon, nous allons prendre le plus répandu. Cliquez sur le bouton MP4 puis, dans la petite liste déroulante, MPEG4 MP4.

 

- Ensuite, cliquez sur l'icône suivante :

 

tvc 1

 

- Dans la fenêtre qui s'ouvre alors, nous nous retrouvons dans la page de sélection de l'audio.

Cliquez sur Taux d'échantillonnage original (ou par défaut) dans la partie Taux d'échantillonnage, et sélectionnez si ce n'est déjà fait Personl dans la partie Débit binaire, et entrez la valeur 128.

 

tvc_2.PNG

Note : vous pouvez faire vos essais sur la qualité de son en baissant le débit à 96 voire 64 kbps, mais attention : si la piste audio devient plus légère, vous augmentez les risques d'erreurs sonores désagréables (cliquetis...).

Au-delà de 128kbps (valeurs "standards" 160, 192, 256 et 320 kbps), la qualité audio PEUT s'améliorer (jamais mieux que la source, n'oubliez pas!) mais il est plus probable qu'à part alourdir le traitement, vous n'entendiez guère de différence (c'est une vidéo, pas un morceau musical!).

 

- Ensuite, allons dans Option vidéo. Ici s'ajuste le bitrate vidéo, c'est l'un des deux paramètres que vous allez manipuler avant de trouver la bonne valeur pour votre appareil. Mais d'abord, le codec : sélectionnez mpeg4 dans la liste déroulante. Laissez Taux d'images (ou système par défaut), à moins que vous ne souhaitiez entrer une valeur vous-même (25 est une valeur par défaut tout à fait valable). Laissez pour le moment le bitrate (débit binaire) à sa valeur par défaut.

 

- L'onglet suivant permet de régler la définition de la vidéo. Comme je vous l'ai déjà dit, définition et bitrate sont à corréler, c'est pourquoi je me cantonnerai à quelques exemples que j'ai moi-même encodés dans le but de les lire sur un BlackBerry Bold 9900 (définition de 640x480, ratio L/H de 1.3). Ce sont des essais, totalement au pifomètre MAIS je suis parti d'un gars sur un forum qui a encodé pour son propre BlackBerry une vidéo avec des paramètres qu'il a communiqués; je suis parti de là pour ensuite monter en gamme.

Notez que la définition, si elle est entrée à la main (Custom size), doit être paire sur la largeur et la hauteur (pas de 511x383, par exemple)! Sinon, le codec vous jettera lors de l'encodage.

 

Définition

Bitrate

(kbps)

Codec Remarque

480x370

(Manuel)

700 MPEG4

370 est déduit de la largeur : 480/1.3, arrondi au pair supérieur, afin de conserver l'aspect de l'écran du téléphone. Gros upscaling à prévoir.

512x384

(Liste)

750 MPEG4 512x384 est une définition standard, présente dans la liste. Upscaling présent, mais moindre.

640x480

(Liste)

800 MPEG4 Nous sommes en définition nominale : pas d'upscaling, bitrate toujours en progression.

480x480

(Liste)

850 MPEG4 Définition identique, augmentation du bitrate pour voir si le téléphone tient la charge.

 

De cette manière, vous voyez la tendance résolution/bitrate. Encore une fois, il ne s'agit que d'essais faits maison : vous pouvez à partir de là essayer de dégager une tendance et aller en-dessous de mes réglages, faire l'essai sur plusieurs vidéos et voir sur votre smartphone le résultat.

 

- Lorsque vous avez terminé avec les réglages, vous pouvez cliquer sur Save and apply, puis cliquer dans la fenêtre principale sur le bouton Convertir, en haut. Veuillez noter qu'en dépit de l'intitulé du bouton sur lequel vous venez de cliquer, la définition de la vidéo n'est pas conservée (bug de Total Video Converter?). Par contre, les bitrates audio et vidéo sont bel et bien sauvegardés. Mais par mesure de précaution, je vous invite lors de vos sessions d'encodage à juste revérifier les 3 paramètres, cela évitera les pertes de temps inutiles.

 

- Une fois que la vidéo (enfin, le petit morceau de test) est encodé, le répertoire final s'ouvre et vous pouvez le copier sur votre téléphone pour une session de test.

Petite astuce pour ne pas vous y perdre : je renomme mes fichiers de la sorte : [Nom de la vidéo]_a[bitrate audio]kbps_v[bitrate vidéo]kbps_[définition]_[codec].

Par exemple : Test_a128kbps_v700kbps_512x384_XVID.mp4 .

C'est certes un peu lourd, mais cela vous évite de batailler pour retrouver les paramètres d'encodage de votre vidéo plus tard (bien qu'ils apparaissent en bas de votre écran dans l'explorateur Windows). J'ai à titre personnel fait un répertoire contenant mes différents essais de manière à pouvoir les réutiliser plus tard ;-)

Après, vous pouvez renommer vos vidéos définitives, natürlich!

 

 

 

5- Le mot de la fin

 

C'en est maintenant terminé de ce tutoriel, j'espère qu'il vous aura été utile, et qu'il aura à défaut d'avoir été exhaustif été suffisamment explicatif pour vous enlever la peur d'encoder vos vidéos vous-mêmes, c'est au final simple, non?

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