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La boîte à fourbi

Tutoriel : se monter un PC multimédia pour le salon, partie 1

Article mis à jour le 11/01/2016

Quand on commence à avoir un peu de sous, et qu'on aime bien regarder un paquet de vidéos totalement légales (natürlich), parfois, on pense à investir dans un disque dur multimédia, ou encore un lecteur qui s'accouple avec un disque dur pour le rendre multimédia, voire une platine blu-ray.

Et s'il était possible de faire en plus serveur de téléchargement, hum? Genre station BitTorrent, tout ça?

Et si le mieux, finalement, c'était un PC de salon?
Hors de prix? Pour certaines bourses, mais voyons un peu ce qui fait un bon PC de salon.

 

Première partie : préparation.

 

I - Le pourquoi

 

Dans mon salon de geek, il y en a des choses! Un lecteur DVD/décodeur 5.1, une platine blu-ray de salon, un mix de NAS (disque dur en réseau) et de lecteur multimédia, système hybride qui m'avait coûté la rondelette somme de 320 euros il y a quelques années, de la marque QNAP et qui porte le doux nom de NMP-1000; et enfin les consoles et la box Numéricâble (dans toute son horreur).

Le NMP-1000 était supposé occuper le centre de mon système multimédia : pourvu à la base pour stocker sur ses 2To quantité de données, de films et séries, il était en plus doté d'une fonction Download Station, capable de faire tourner des BitTorrents dans un silence appréciable et une consommation contenue (je vous arrête tout de suite, la planète, c'est bien beau, mais je pense surtout à ce que me réclame EDF tous les 3 mois. Fort heureusement, les besoins concordent, amen).

Premier problème, les transferts de fichiers vers ou depuis le NMP ont vite tourné au cauchemar puisque les débits plafonnaient à 4Mo/s en pente avec le vent dans le dos (quand on parle de plusieurs Go d'un coup, c'est juste intenable) et là encore, je vous arrête, j'ai tout tenté niveau topologie réseau avant de lire sur le Net que le microcontrôleur du NMP-1000 n'était tout simplement pas suffisamment véloce avec ses 300MHz (!!) pour assurer à la fois la lecture ou l'écriture depuis/vers le disque ET gérer le transfert via Ethernet, la bonne blague.

Notez que ce genre de problèmes est courant avec ce qui est à la base un lecteur multimédia, leur vocation première étant naturellement la lecture de fichiers vidéo, la partie transfert n'étant, à l'inverse des NAS, que très secondaires.

Second problème, la Download Station s'est avérée proprement calamiteuse, puisque des BitTorrents ne se sont simplement jamais lancés, même au bout d'une semaine, alors qu'avec les mêmes fichiers .torrent, lancés sur mon PC, ils démarraient et se terminaient en deux coups de cuillère à pot.

Pourtant, le NMP-1000 assuraît plutôt bien ses tâches vidéos, quoiqu'étant un poil limité en termes de lecture de rips DVD et de formats un peu sioux comme les MKV.

La platine blu-ray, sombre bouse achetée 80 euros à Electrodépôt, n'a finalement servi qu'une fois, ce qui, rapport à son encombrement et l'investissement, ne m'a pas vraiment paru "opti", surtout qu'en lecture DVD, la piste vidéo avait tendance à subir des micro-freezes. Pas cool.

Reste mon décodeur 5.1 faisant lecteur DVD, un modeste Sony DAV DZ-260 qui, lui, ne m'a jamais fait faux-bond, que je compte conserver tel quel (et vu la misère de câblage du 5.1 dans un grand salon, tant qu'il marche le bestiau, il ne bouge pas!).

A force de lire PC Update et Hardware Magazine, il m'est venu une considération de riche (il faut bien le reconnaître), qui consistait à envisager l'investissement dans un PC spécial multimédia afin de remplacer à la fois mon NMP-1000 et la platine blu-ray.

 

 

II - Choix des composants

 

II-1 : le microprocesseur

Dans un premier temps, il faut choisir le coeur du système. Le but premier d'un PC multimédia étant de jouer des fichiers vidéos, il faut choisir un microprocesseur assez véloce même dans les plus hautes définitions actuelles, même si nous n'allons pas aborder la problématique de la 4K, qui ne concerne qu'une infime minorité d'entre nous.
Fort heureusement, même les microprocesseurs les plus bas de gamme du moment sont tout à fait capables de se charger de ce type de tâches, donc lire du 1080p avec moult filtres sans broncher.
Mais cela ne s'arrête pas là : le microprocesseur (CPU, Central Processing Unit) seul ne suffirait pas, car il faut bien que l'image soit affichée sur votre TV; pour cela, une carte graphique est nécessaire.

Par rapport à des jeux vidéo, la tâche de décoder des vidéos est, pour une carte graphique, une tâche tout à fait triviale, dont le doux nom générique est GPU (Graphic Processing Unit, que vulgairement je qualifierais de carte graphique pour simplifier).

Depuis quelques temps, la technologie a atteint un point permettant de marier CPU et GPU pas trop pourri dans un seul et même composant, et comme depuis longtemps, les challengers sont au nombre de 2 : Intel d'un côté, AMD de l'autre.
Si en termes de performances brutes, les puces Intel sont généralement devant AMD, côté partie graphique, les puces AMD s'en sortent mieux. Pour avoir une partie graphique côté Intel qui se rapproche de celle des AMD, il faut taper dans les CPU plus haut de gamme; ce qui oriente naturellement le choix pour notre usage vers les puces AMD, bien meilleur marché par rapport aux performances que nous recherchons.

La gamme AMD est composée de puces "haut de gamme", qui se font allègrement écraser par leur équivalent Intel, en revanche, leur bas de gamme vaut le détour, car ces microprocesseurs intègrent un couple CPU/GPU plus costaud pour notre usage que leur équivalent Intel.

Il y a trois sous-familles d'APU (nom donné par AMD à ses CPU/GPU) : les A4, A6 et A10. Les performances montent avec les chiffres, mais les A10 ne sont pas vraiment bon marché, avec un prix plus que doublé par rapport à l'A6.

Nous allons donc porter notre choix sur l'A6-5400K, dont le couple CPU/GPU permettra de lire tout type de vidéo HD, mais il s'agit aussi d'un APU totalement à même d'animer un PC de bureautique/internet, voire, pour les plus téméraires, defaire un TOUT PETIT PEU de jeu. Mais vraiment minime, je vous décourage de faire autre chose que du jeu Facebook..

L'A6-5400K peut être trouvé, par exemple, chez MagicPC (à qui je ne suis nullement affilié, mais je me fournis moi-même là-bas).

Pour ceux que ça intéresse, un comparatif rapide (mais difficile à trouver) m'indique qu'en termes de performances, le GPU intégré dans le Pentium G3260 (qui est l'équivalent le plus indiqué budgétairement parlant en regard de l'alternative AMD) est bien à la ramasse par rapport à l'A6-5400K.

 

II-2 : la carte-mère

Fut un temps, le tarif des cartes-mères FM2 (le nom du socket, l'emplacement du microprocesseur sur la carte-mère) étaient franchement meilleur marché que les autres, mais ce n'est plus trop le cas aujourd'hui : sans casser la baraque, ça reste abordable, sans plus.

Mais quels critères prendre en compte?

Tuons déjà les idées reçues : les marques de cartes-mères n'importent plus autant qu'avant. Les pourcentages de retour au SAV sont maintenant après la virgule, il est bel et bien terminé le temps des marques à éviter à tout prix. Attention, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura jamais de problèmes : la poisse, ça peut frapper n'importe qui. Après, c'est surtout une question d'affinités avec les marques.

Premier critère : le socket! Puisque nous avons choisi le CPU, il doit s'emboîter dans la carte-mère. Dans notre cas, FM2 (ou FM2+).

Second critère : le chipset. Le chipset regroupe l'ensemble des puces nécessaires au bon fonctionnement du CPU, et bien entendu, le choix du chipset dépend du choix du processeur.
Il n'y a pas qu'un chipset par processeur, ce serait trop simple : certains chipsets sont déclinés en familles, comme les processeurs d'ailleurs.
Dit autrement, il faut trouve rle bon couple CPU/chipset.
Actuellement, pour les processeurs FM2, AMD propose 3 chipsets compatibles : A58, A68H et A88. Assez logiquement, plus l'indice est élevé et plus le chipset est haut de gamme.
Ce qui se traduit comment?
- L'A58 est dépourvu d'USB3.0, ce qui est un frein surtout pour transférer de grosses quantités de données sur une clé USB moderne. Il peut y avoir des cartes-mères A58 pourvues d'USB3.0, mais qui utilise un composant externe.
Ensuite, les ports SATA (nécessaires pour brancher les disques durs) sont d'une norme ancienne : 3Gbps, ce qui peut ralentir le PC en usage avec un SSD (voir plus bas).
-L'A68H est l'intermédiaire, pourvu de 2 ports USB3.0 et de 4 ports SATA 6Gbps, la norme actuelle.
- L'A88X est l'évolution du A68H, avec non plus 4 mais 8 ports SATA 6Gbps. Notez que 8 ports sont assez peu utiles, sauf si vous multipliez les disques durs dans votre PC de salon.

Notez ensuite que le nombre de ports SATA est dépendant du nombre de périphériques que vous voulez brancher.
Faisons le compte d'un PC de salon standard :
- 1 SSD pour le système (voir plus bas)
- 1 lecteur blu-ray
- 1 disque dur de stockage.
Ce qui nous fait 3 ports nécessaires, sachant que les cartes-mères en proposent en général minimum 4, ça vous laisse de quoi brancher un second disque dur.
Si vous souhaitez brancher plus de 2 disques durs, il faudra penser à dimensionner boîtier, alimentation et carte-mère en conséquence!

Troisième critère : indépendamment du chipset, les prestations offertes par les cartes-mères sont cruciales pour le choix de celle-ci : ce sont donc elles qui orienteront notre choix.

Niveau sortie vidéo, il nous faut du HDMI. Nous parlons d'un PC de salon, qui va donc se raccorder sur une TV. A moins d'être équipé d'une TV antédiluvienne, toute télé moderne (même la mienne de 2008 a pléthore de HDMI) est équipée de cette connectique, qui transmet vidéo et son.

Donc, suprêmement important pour un PC de salon, une prise HDMI.

hdmi-female-connector.jpg

Le son peut aussi poser problème, car plusieurs alternatives d'offrent à vous :
- Utiliser les enceintes de la TV : dans ce cas, la carte-mère ne requiert pas de sortie particulière car le son passera par la prise HDMI.
- Utiliser un kit d'enceintes 2.0 (deux enceintes droite et gauche séparées, avec une prise jack vert) ou 2.1 (2.0 avec un caisson de basses) : ces kits, que l'on retrouve en général dans les PC standard, se connectent également avec un jack vert et permettent d'avoir un son un peu meilleur que des enceintes de télé. Avantage, elles ne requièrent elles non plus aucune prise spécifique.
- Utiliser un kit 5.1 (ou 7.1) : ces kits nécessitent des prises supplémentaires. Je viens de faire le tour des cartes-mères et malheureusement, les cartes d'entrée de gamme n'en sont pas pourvues. Ce qui induit que vous devrez investir dans une carte son supplémentaire, comme l'Asus Xonar DGX, plutôt abordable. N'oubliez pas que le boîtier peut nécessiter une carte dite "low profile", plus basse que les cartes habituelles (la Xonar DGX semble livrée avec un bracket -la petite équerre en métal- low profile, comptaible avec un boîtier home cinéma).
- Utiliser un ampli home cinéma avec entrée optique : ces prises dédiées, utilisées sur presque tous les amplis de salon, ne sont comme les kits 5.1 plus intégrées sur les cartes mères d'entrée de gamme. Il faudra là encore passer par l'achat d'une carte son comme la Xonar DGX.
A noter qu'il y a encore quelques années, elles en étaient encore équipées (c'est le cas de ma vieille carte-mère, à l'origine de cet article).

spdif_coax.JPG
<Sortie S/PDIF optique à droite, coaxiale à gauche>

Ensuite, niveau ports USB (n'oublions pas que les claviers et souris peuvent en requérir!), même les cartes bas de gamme en proposent au moins 4 sur le panneau arrière, le reste étant accessibles notamment pour la façade du boîtier sous la forme de headers, de petites prises sur la carte-mère.

Un port Ethernet est évidemment indispensable pour que le contenu du PC puisse être vu sur le réseau, voire plus simplement pour le confort de pouvoir surfer sur Internet depuis le canapé. Là encore, le Gigabit est standard sur toutes les cartes, pas de doute à avoir.
Il existe des cartes-mères pourvues nativement de Wi-Fi (bien que j'aie horreur de cette liaison, bien trop lente et incertaine à mon goût), mais il convient de faire attention à la hausse de prix induite par la présence du Wi-Fi sur la carte-mère : parfois, il vaudra mieux acheter une clé Wi-Fi à 15-20€ à part.

Enfin, le format de la carte-mère, sujet potentiellement épineux! Tout dépend du boîtier que vous souhaitez utiliser. S'il s'agit d'une tour standard récupérée, le format ATX plein format (30.5 x 24.4 cm)  peut rentrer et permet de nombreuses extensions par des cartes filles (tuner TNT...). Mais rares sont les boîtiers home cinéma (tout plat) abordables qui permettent de faire rentrer une carte ATX plein format.

Plus compact, le format micro-ATX (24.4 x 24.4 cm) est le plus répandu pour les boîtiers home cinema, avec une carte plus petite mais plus à même de rentrer dans un boîtier compact. Bien évidemment, plus petite signifie moins de possibilité d'extensions. Mais bon, dans un boîtier home cinéma, à part un tuner TNT... Qui rentre sur une carte micro-ATX, ça tombe bien.
Clairement, c'est un format privilégié pour le home cinéma.

Enfin, le format mini-ITX (17 x 17 cm) est un format plus rare, la carte-mère tient dans un minuscule carré de 17cm de côté, idéal pour des micro-boîtiers, mais là, avec un seul port PCI-express et de nombreuses contraintes en matière de refroidissement (bien que ce dernier point ne nous touche pas trop), c'est un choix qui peut en rebuter plus d'un. Les boîtiers mini-ITX sont relativement chers (car moins répandus) mais peuvent avoir leurs adorateurs.

En rapport avec le boîtier que j'ai choisi, j'ai donc jeté mon dévolu sur le format micro-ATX, avec un choix plus vaste et à meilleur tarif.

motherboards_form_factors.jpg

<Le panel des dimensions des différents formats de cartes-mères. Oui, y'a de la diversité.>

 

Ce qui nous donne donc une carte micro-ATX à socket FM2 avec une prise HDMI et une sortie son S/PDIF (mais dorénavant introuvable sur les cartes FM2...).

A moins d'être vraiment rencardé sur les références de cartes-mères, rien ne vaut une exploration de sites de vente en ligne (voire aller chez nos amis asiatiques de la rue Montgallet). Selon les configurations, les périodes et la chance, plusieurs sites peuvent être mis en concurrence :

- Amazon (j'ai trouvé les meilleurs prix aux alentours de Noël pour mon PC de jeu)

- LDLC

- MagicPC (dernière bonne surprise en date).

Et j'en passe.
Voici les références que je retiens sur MagicPC :
- Micro-ATX, pourvue de 6 ports USB derrière dont 2 USB3.0 et 4 ports SATA 6 Gbps : MSI A68HM Grenade, 53€
- ATX (attention au boitier!), 8 ports SATA 6Gbps, sortie 5/7.1 et S/PDIF : Asus A88X Plus, 82€
- Mini-ITX, 6 ports USB arrières, 4 ports SATA 6Gbps, sortie S/PDIF et Wi-Fi : MSI A88XI AC V2, 92€.
Bien entendu, ce ne sont que des exemples!

 

II-3 : la mémoire vive

Contrairement aux idées reçues, pas besoin de gonfler un PC standard avec des giga-octets de RAM superflue, c'est encore plus le cas pour un PC multimédia. 4Go suffisent plus que largement pour lire n'importe quel format vidéo, pas la peine de se ruiner.

Attention cependant : si vous désirez faire de l'assemblage vidéo ou de la retouche photo, il vaut mieux prévoir plus large, car ce genre de traitements requièrent, par contre, souvent beaucoup de RAM : passer à 8Go, voire 16Go dans les cas rares peut être salvateur. Ceci étant dit, il vaut mieux dès lors passer sur une plate-forme plus à l'aise niveau puissance de feu que l'A6 et aller chercher un A10 (toujours un peu juste). Au-delà, c'est le type même du PC qu'il faudra changer (CPU+carte-mère à l'avenant).
Sachez ensuite que si vous souhaitez utiliser votre ordinateur pour faire de la navigation et autre bureautique, 8Go sont recommandés.
Cela étant dit, rassurez-vous, avec l'A6-5400K et 4Go de RAM, ça ne sera pas le drame non plus pour du montage/retouche occasionnel.

Niveau fréquence de RAM, attention : viser trop bas est dommageable (mais on y survit, hein) pour la partie graphique du microprocesseur, sachant que cette partie graphique est déjà limite dans beaucoup de cas, autant mettre un peu de jus dans la machine pour qu'elle marche au mieux en restant raisonnable : 1600MHz sont un minimum, 1866 si vous trouvez à bon prix, 2000 risquent d'être problématiques selon les cartes-mères.
A cet effet,
vous pouvez soit opter pour une barrette de 4Go en 1600MHz (Crucial Ballistix Sport à 23€), soit partir direct pour 8Go pour être peinard (Crucial Ballistix Sport, 42€).
Si vous souhaitez garder sous le coude la possibilité de rajouter de la RAM plus tard, ne perdez pas de vue que ces cartes-mère de cette gamme de prix sont souvent pourvus de seulement 2 slots de RAM. donc si vous prenez par exemple 2 barrettes de 2 ou 2 barrettes de 4, vous condamnerez les slots libres.
Autre point : si vous souhaitez utiliser un ventirad modifié pour le refroidissement, méfiez-vous des barrettes de RAM avec des radiateurs aux formes extravagantes (comme la Corsaire Vengeance par exemple), qui pourraient carrément invalider l'utilisation d'un ventirad low profile (plus large qu'un ventirad custom "classique" mais nécessaire dans un boîtier plat).

vengeance.jpg
<Quoiqu'on en dise, ceci est extravagant. Préférez une bonne barrette bien plate, ça passe partout.>

 

II-4 : le stockage

Partie importante du PC multimédia, le stockage a deux types d'adeptes : avec SSD ou sans SSD.

Le SSD (Solid State Drive) est une clé USB faite disque dur, vulgairement. Il d'agit d'un disque dur dans lequel les plateaux ont laissé leur place à des puces de mémoire Flash gérées par un contrôleur. Les avantages sont multiples, à commencer par les temps d'accès inexistants, la conso bien moindre, des débits en lecture/écriture qui ridiculisent les disques durs, et un format réduit puisque les SSD sont au format des disques durs de portables, donc 2,5".

Dans la pratique, le SSD est un progrès fulgurant niveau temps de démarrage de la machine, ainsi que pour la manipulation de fichiers. Pour avoir longtemps résisté aux SSD, satisfait que j'étais par mes disques durs, j'avoue que le changement est agréable, mais surtout, passer sur une machine qui n'en est pas équipée rend l'absence de SSD douloureuse.

Mais alors, me direz- vous, pourquoi ne pas y passer tous tout de suite?
En fait, vous vous en doutez, il y a des points négatifs. A commencer par le prix : le prix au giga-octet est largement plus élevé côté SSD que côté disque dur : pour 90€, vous aurez un SSD de 250Go, et pour le même tarif, vous trouverez du disque dur (HDD, pour Hard Disk Drive) de 2To, donc 8 fois plus gros.

Revenons-en à notre PC multimédia, maintenant que vous connaissez les subtilités entre SSD et HDD (disque dur). La solution la plus chère consiste à placer le système (Windows ou Linux) sur un SSD et de placer tous les fichiers à stocker sur un disque dur qui tant qu'à faire sera lent et plus économique niveau énergie, voire potentiellement moins bruyant, ce qui joue dans un salon!).

L'autre solution est nettement plus classique et consiste à n'avoir qu'un seul gros disque dur, partitionné (divisé)  en une partition système et une partition données; ceci est primordial dans la mesure où le jour où votre système plante, vous n'aurez pas à craindre le reformatage destructeur de données, seule votre partition système sera impactée, vos précieuses données multimédia ne craindront rien.
Dans cette seconde solution, le budget a beau être la raison de l'adoption d'un HDD seul, sauf à vouloir à tout prix le moins cher, il vaut mieux prendre un disque dur rapide, quitte à ce qu'il soit plus cher.
Petite parenthèse, les disques durs existent en plusieurs vitesses de rotation, évidemment, plus il est rapide et mieux c'est. Les trois grandes vitesses actuelles sont 5 400 RPM (tours par minute), généralement pour des disques de stockage pur; 7 200 RPM (disque système ou système/données, c'est le bon compromis) et enfin 10 000 RPM, nettement plus rapides et plus chers, mais surtout destinés à être des disques systèmes très rapides. Dans le cas d'un HDD seul, vous aurez compris que l'on va opter pour un 7 200 RPM, pour la marque, évitez les marques obscures et privilégiez les grandes marques comme Western Digital (le modèle Caviar Black est assez réputé, le Blue aussi quoique ses perfs sont très légèrement en-dessous) ou Seagate avec son Barracuda 
Niveau taille, pensez bien que les fichiers multimédia prennent de plus en plus de place et que prendre large n'est jamais gâché : tout dépend de votre budget!
Tant que nous en sommes au stockage, il existe encore une alternative pour les plus paranoïaques : le stockage réseau, ou NAS.
Un NAS, c'est un disque dur en réseau, sauf qu'il rentre dans un boîtier compact et peut contenir plusieurs disques durs. Deux disques est un bon compromis, en mode RAID1 qui plus est. Sans s'étendre sur le RAID, sachez que disposés de la sorte, deux disques durs de la même capacité seront des copies l'un de l'autre. Deux disques durs de 2To ne seront vus que comme un seul espace de 2To, mais en cas de casse d'un disque, vos données ne sont pas perdues! Evidemment, pour maximiser la sécurité, il est chaudement recommandé de ne pas prendre deux disques durs issus de la même série chez la même marque (statistiquement, ils ont plus de chance de tomber en panne en même temps...).
Dans le cas du NAS, le PC multimédia n'est qu'un lecteur embarquant le système et ne fait qu'accéder au NAS (un lecteur réseau monté, c'est simple comme bonjour à faire). Quant à faire du RAID1 dans le PC multimédia, c'est possible, mais votre boîtier doit pouvoir accueillir au moins 3 disques (2 stockage et 1 système) et surtout, votre carte-mère doit savoir gérer le RAID, ce qui n'est pas gagné en bas de gamme, renseignez-vous sur le Net pour vous en assurer.
Si toutefois la solution vous intéresse (pour le NAS), le boîtiers Synology sont réputés, mais cherchez "NAS 2 baies" sur Google pour trouver d'autres références; les sites d'e-commerces cités plus haut en vendent aussi.

ds211j.jpg
<Ceci est un NAS. Dites bonjour.>

 

II-5 : le lecteur optique

J'ai connu le graveur CD 8X en USB1 comme comble suprême de la bourgeoisie informatique moderne (et avant l'absence de lecteurs CD avec les lecteurs de disquettes 3,5", mais pas les 5,25", j'suis pas si vieux), mais maintenant, nous sommes à l'heure du Blu-Ray! Comme ce PC que nous assemblons doit faire plate-forme multimédia, personne n'y retrouvera rien à dire s'il supplante le lecteur DVD voire la platine Blu-Ray!
Un lecteur Blu-Ray en SATA coûte une oixantaine d'euros, un lecteur/graveur DVD une vingtaine. Si vous ne croyez pas au Blu-Ray, un lecteur DVD suffit!
Seul critère : qu'il soit raccord avec le boîtier niveau couleur. Un boîtier noir avec un lecteur blanc, ça confine au crime.
Exemple de lecteur blu-ray + graveur DVD : Asus BC-12D2HT (59€)
Lecteur/graveur blu-ray (et DVD) : LG BH16NS55 (70€)

 

 

II-6 : le boîtier (et l'alimentation)
Le choix du boîtier est crucial. Déjà, il doit pouvoir obtenir le WAF (Woman Acceptance Factory) pour trôner dans le salon, être silencieux et bien aéré. Fort heureusement, comme les PC se démocratisent depuis de nombreuses années, le choix de boîtiers est pour le moins pléthorique. Les boîtiers home cinema, eux, sont nombreux mais, comme tout usage spécifique, sont vendus plutôt chers.
Quels sont les critères de choix d'un boîtier?
- Les formats de carte-mère acceptés. Nous, c'est du micro-ATX qu'il nous faut. C'est heureusement le format le plus répandu pour les boîtier HC (home cinema).
- L'espace disponible. Combien de baies pour disques durs, SSD, lecteurs optiques? Il nous faut une baie 5,25" (pour le lecteur), une ou deux baies 3,5" selon le choix de stockage, voire 3 si vous tenez au RAID. N'oubliez pas non plus qu'un boîtier compact est d'autant difficile à monter, attention au "trop"!
- Le silence. Là, pas de secret, il faut se palucher des recherches sur le Net pour voir les tests des boîtiers (ou alors être abonné à Hardware Magazine / PC Update, de la saine lecture que je ne peux que vous recommander!). Un boîtier de dimension réduite, cependant, sera bien souvent plus difficile à ventiler et donc plus enclin à être bruyant, pensez-y! Nous sommes dans un environnement de salon, le silence est d'or! Ca vaut pour la ventilation et pour les vibrations des différents éléments, les boîtiers les plus cossus pouvant être livrés avec des coussinets en silicone pour bannir le bruit de tout ce qui bouge.
- La ventilation. Même si le système se passe d'une carte graphique, traditionnellement plus grosse source de chaleur, et que le TDP (enveloppe thermique) du processeur est réduit (65W pour l'A6), il faut ventiler un PC à tout prix, sinon c'est le condamner à court terme! Surveillez donc dans les tests que vous lisez les températures des différents éléments. Un processeur ne doit pas dépasser les 70° en charge au quotidien, un disque dur à 30°, c'est bien.
- Les connectiques en façade. Si comme moi, vous avez un récepteur USB infrarouge, il faudra bien vérifier qu'il y a un port USB sur le devant du boîtier! Fort heureusement, l'écrasante majorité des boitiers quels qu'ils soient propose 2 ports USB (USB2 ou USB3) et une prise casque/micro analogique en façade.

 

Question suivante, avec ou sans alim?

Les alimentations, c'est comme les formats de cartes-mères : on en compte quelques-uns.
Le plus répandu, c'est l'alimentation ATX : standard, de toutes puissances, facile à changer (il y a autant de références d'alimentations ATX que d'étoiles dans le ciel, c'est dire ;) ), c'est la base, mais attention à l'encombrement dans un boîtier HC!
Ensuite, eh bien, on passe à des formats exotiques : FPX, SPX... Ces alimentations plus compactes sont moins puissantes que leurs cousines ATX, et autrement plus difficiles à remplacer en cas de panne.
Dernière possibilité : le transformateur externe (ou brique). Encore plus limité question puissance, ces alimentations sont utilisées (et fournies) avec des boîtiers vraiment très compacts et très économes énergétiquement parlant.
Si vous avez opté pour un boîtier acceptant le format ATX, choisissez-en un SANS alimentation. Cela vous coûtera sans doute plus cher, mais les alimentations de grands constructeurs sont des garanties de stabilité, de rendement et de qualité que ne peuvent pas espérer égaler les alimentations ATX intégrées.
Parenthèse alimentation : prendre trop gros ne sert à rien. C'est valable quel que soit le format, mais ne perdez pas de vue qu'un PC home cinema ne consomme pas grand-chose : 150W en prenant super large, inutile de prendre une alimentation 400 ou 500W. Pourquoi? S'il n'est pas bon d'utiliser une alimentation à sa limite haut, l'utiliser trop bas n'est pas mieux, car son rendement (le rapport énergie à la prise / énergie efficace) s'écroule si son taux de charge est trop bas (sous les 20%). Vous pouvez vous renseigner sur les notations des alimentations (80+ standard, Bronze, Silver, Gold ou Platinum) sur le Ouèbe.

Mon ancien boîtier B299CAL de MaxInPower, hébergeant mon actuel PC multimédia, n'est plus en vente. Donc, il

maxinpower-b299cal.jpg
<Le B299CAL. ma rolls personnelle de boîtier abordable, n'est plus produit. Merdum maxima.>

Je n'ai pas testé d'autre boîtier que celui-ci, mais je suis tombé sur un au même tarif et qui semble assez proche en termes de prestations (pour moins de 50€, ne vous attendez à rien d'autre qu'une boîte rustique, attention!) : le MS-Tech LC-02. Je ne sais pas ce qu'il vaut, mais il semble plutôt bien noté par nos amis allemands (MS-Tech étant une boîte allemande).
Vous pouvez jeter un oeil sur beaucoup de sites pour trouver des boîtiers multimédia (le mot-clé est HTPC, pour Home Theater PC, PC home cinéma chez nous). Tentez par exemple Maison du numérique.
 

II-7 : contrôle à distance

L'idée du PC de salon, c'est donc de remplacer une platine classique par un tout-en-un. Personnellement, ça ne me dérange pas d'utiliser clavier et souris depuis mon canapé, mais encore faut-il que cette solution plaise à madame ou même à vous-même. C'est pourquoi il faut considérer l'achat d'une zappette et pourquoi pas d'un clavier sans fil avec souris intégrée.
La télécommande multimédia est un outil qui peut coûter bonbon, surtout si vous penchez pour une télécommande universelle typée Harmony de Logitech. Très pratiques, ces zappettes peuvent, moyennant configuration, commander un ensemble d'appareils dans votre salon avec des fonctions macros très poussées. Mais bon, utiliser une télécommande comme celle-ci pour un PC multimédia, c'est jeter l'argent par les fenêtres, d'autant que quoiqu'on en dise, la configuration d'une télécommande pareille n'est pas du même niveau qu'une télécommande media center classique. Autre inconvénient majeur, ces télécommandes universelles sont habituellement fournies SANS récepteur USB (infrarouge ou RF)! Vous aurez beau jeu d'émettre des ordres frénétiques avec une zappette si votre PC en face n'a aucun moyen de les comprendre.
Ceci étant dit, vous pouvez tout comme je l'ai fait déjà posséder une zappette et n'acheter que le récepteur infrarouge ou RF, j'ai trouvé le mien sur >MediaHD.fr<, même si pas donné, il est très compact et compatible avec la suite logicielle.
C'est la raison pour laquelle nous allons plutôt nous orienter sur une télécommande MC (media center) classique, reconnue directement sans passer par une configuration quelconque, l'important étant qu'elle soit reconnue par le système d'exploitation et le logiciel media center (j'ai opté pour Windows 7 32 bits (j'y reviendrai plus tard) et le logiciel libre XBMC, qui reconnaît une pléthore de télécommandes et récepteurs). En cas de doute, renseignez-vous - tout comme je l'ai fait - sur le Net pour vous assurer de la compatibilité.
Sans faire de pub pour MediaHD, vous avez par exemple >cette télécommande, fournie avec son récepteur<, mais vous pouvez trouver sur eBay pour moins cher; attention cependant à la compatibilité Windows 7 / XBMC!

Passons ensuite au clavier sans fil. Vous pouvez très bien conserver un ensemble clavier.souris de bureau sans fil et utiliser dans le canapé tel quel, la télécommande n'est absolument pas obligatoire. Et puis, le combo clavier/souris permet également de naviguer sur le Net depuis canapé, ça pète le style.
Cependant, attention là encore à ce que vous choisirez. La souris telle quelle, dans le canapé, c'est pas folichon niveau ergonomie, le clavier risque d'être encombrant, et il faut ranger tout ça quand on ne s'en sert plus. Pourquoi donc ne pas opter pour un clavier avec souris intégrée?
Là encore, il y en a deux sortes : avec boule (trackball) et avec touchpad, comme sur les portables. J'ai testé il n'y a pas si longtemps le trackball, c'est une calamité. Ce sont pourtant les claviers/souris les moins chers, mais niveau utilisation, je n'ai vraiment pas accroché. Voilà pourquoi après quelques recherches (les prix peuvent être stratosphériques pour ces périphériques), eBay m'a encore sauvé la mise (mais on en trouve aussi sur >Amazon<) en tombant sur  >ce clavier< dans  >cette boutique<, ça ne m'a pas pris 10 minutes pour le trouver sur tout eBay. Les claviers sont généralement fournis avec leur récepteur, si vous avez un doute, faites comme moi, contactez le vendeur :p

clavier

 

II-8 : les trucs à prévoir en plus

Au rayon des choses à prévoir sous peine de se retrouver le bec dans l'eau pendant le montage, il y a déjà des adaptateurs Molex-SATA pour l'alimentation. Pourquoi?
L'alimentation du B299CAL est pourvue de deux faisceaux pour les périphériques à brancher : un faisceau en connectique Molex 4 points (deux prises) et un faisceau en connectique SATA (2 prises). La connectique Molex n'est plus utilisée de nos jours (quelques rares disques durs sont pourvus de la double connectique Molex+SATA, remontant à l'époque de transition), les 2 prises SATA devant donc suffire pour brancher un disque dur et le lecteur optique.
Mais non! L'organisation interne du boîtier est mal fichue, si bien que les deux prises SATA sont trop proches sur le même faisceau pour brancher à la fois le lecteur optique et le disque dur! Pire, brancher les deux disques durs (ou SSD et disque dur) est impossible sans rallonger le faisceau, la faute à leur positionnement très oarticulier.
C'est le seul vrai point noir de ce boîtier, mais il est facilement contournable, j'ai trouvé sur eBay des adaptateurs Molex-SATA pour 1€50 pièce, frais de port offerts. Ne prenez pas trop long par contre, 10-15cm sont largement suffisants, après ça ne fera que gêner.

Combien en prendre?

- Double disque dur ou disque dur+SSD + lecteur optique : 2 adaptateurs.

- Disque dur simple ou SSD simple + lecteur optique : 1 adaptateur.

- Simple disque dur sans lecteur optique : pas besoin d'adaptateur.

satamolex.jpg<Ceci sauve des vies, pensez-y.>


Deuxième chose à prévoir : les rondelles isolantes. Le boîtier étant peu cher, il est livré pour ainsi dire tout nu. J'ai testé une lecture de DVD, le lecteur vibre sur la structure métallique du boîtier, c'est crispant. Il faut donc soit trouver un sachet de rondelles caoutchouc (fines! Pas plus d'1mm de haut!), soit bricoler comme je l'ai fait à partir de chutes d'un feuille de liège plastifié pour tailler des bandelettes absorbant les vibrations (photos lors du montage).
rondelle.jpg

 

Troisième et dernière chose à ne pas oublier : les nappes SATA. Prévues pour raccorder la carte-mère au périphérique, n'en sont fournies que deux dans le bundle de la carte-mère. Or, il faut en compter 1 par périphérique, si vous avez choisi l'option lecteur optique et deux lecteurs (SSD/HDD ou HDD/HDD), il vous en manquera donc une! Comme les adaptateurs Molex/SATA, cela se commande facilement sur eBay. S toutefois vous avez opté pour deux périphériques, alors tout va bien.

sata.jpg

 

 

Nous en avons terminé pour la première partie de ce guide sur notre PC home cinema. Une fois que vous avez passé votre commande et reçu tous vos composants, nous allons pouvoir passer au montage.

La suite ici !

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